vendredi 14 décembre 2007

Les droits du patients face au milieu médical

Droit en matière d'euthanasie et de soins palliatifs

L'EUTHANASIE - SOINS PALLIATIFS

Rédigé par Me DURRIEU-DIEBOLT, Avocat à la Cour

EUTHANASIE

Qu'est-ce que l'euthanasie ?

  • Ethymologiquement, "euthanos" signifie la "bonne mort".
  • Au sens moderne du terme, l'euthanasie signifie : provoquer ou hâter la mort pour abréger les souffrances

On distingue :

1 - L'euthanasie active :
Elle suppose le geste d'un tiers qui donne la mort.  

2 - L'euthanasie passive :
C'est l'arrêt des traitements (sauf soins palliatifs) qui abrège la vie lorsque le cas est désespéré.
Certains contestent cette distinction au motif que l'euthanasie passive serait un refus d'acharnement thérapeutique (légal).

· Quand considère-t-on qu'une personne est décédée ? Quid des personnes en état de vie artificielle ?

· Peut-on bénéficier légalement d'une euthanasie ?

· Peut-on la demander à l'avance (dans un document écrit par exemple) ?

· Peut-on être poursuivi si on demande ou provoque une euthanasie pour soi-même ou autrui (un membre de sa famille par exemple) ?

· La tentative d'euthanasie est elle réprimée ?

· Quelles sont les sanctions encourues ?


Actualité
: décès de Vincent HUMBERT (cliquer sur le lien)

   

SOINS PALLIATIFS

Quels sont les moyens mis en oeuvre pour le développement des soins palliatifs ?

 - Les soins palliatifs consistent à soulager de ses souffrances la personne en fin de vie, à sauvegarder sa dignité et à soutenir son entourage.

 - La loi du 4 mars 2002 rappelle les principes qui s'appliquent : "Toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée. Les professionnels de santé mettent en oeuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu'à la mort."

 - La loi du 22 avril 2005 , précisée par le décret n° 2006-122 du 6 février 2006, prévoit un dispositif complémentaire en matière de soins palliatifs.

Source de la page : http://sos-net.eu.org/medical/euthanas.htm#1


samedi 1 décembre 2007

Rêves d'Automne de Lamartine

Image d'automne
S
alut ! bois couronnés d'un reste de verdure !

Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire,
J'aime à revoir encore, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois !

Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits,
C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui
Je me retourne encore et d'un regard d'envie
Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui !

Peut-être l'avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore
Aurait compris mon âme et m'aurait répondu ? ...

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphyr ;
A la vie, au soleil, ce sont là mes adieux ;
Moi, je meurs et mon âme au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux.


Alphonse de Lamartine

jeudi 29 novembre 2007

Plan « Alzheimer et maladies apparentées » 2008-2012

La maladie d’Alzheimer

Près de 350 000 personnes bénéficient d’une prise en charge pour affection de longue durée (ALD 25) de type maladie d’Alzheimer et maladies apparentées. Etroitement liée au vieillissement de la population et à l’allongement de la durée moyenne de vie, cette affection devrait continuer à progresser dans les prochaines années.

Ces chiffres font de la maladie d’Alzheimer et des troubles apparentés un enjeu majeur de santé publique. Celui-ci commence à être mieux pris en compte avec le lancement de deux plans d’action en 2001 et en 2004. Mais le défi à relever - en matière de recherche médicale, de prise en charge des malades et d’accompagnement des familles - nécessite des moyens à la hauteur des enjeux.

Présenté au début du mois de novembre 2007, le plan Alzheimer 2008-2012 traduit cette mobilisation des pouvoirs publics et des acteurs sanitaires et sociaux, en proposant des mesures et des moyens supplémentaires et innovants.


Le professeur Joël Menard a remis, le 8 novembre 2007, au président de la République le rapport de la Commission présentant les propositions relatives à la mise en oeuvre du plan national Alzheimer 2008-2012.
16-11-2007

Le rapport Ménard donne des pistes pour le futur plan Alzheimer
Le professeur Joël Ménard, qui préside la commission sur le plan national de lutte contre la maladie d'Alzheimer 2008-2012, a remis, jeudi 8 novembre, à Nicolas Sarkozy un rapport dans lequel il propose des mesures pour accélérer les efforts de recherche et améliorer la prise en charge des malades.

Les 28 recommandations vont servir de base à la future concertation avec les professionnels concernés, qui s'achèvera par l'annonce du plan par le président de la République avant la fin de l'année. La commission a développé quatre grandes orientations : mettre "le malade au coeur de l'action", porter une "vision pour l'Alzheimer", rechercher une "intelligence pour la médecine" et "déployer un accompagnement du parcours de vie".

En préambule, les membres de la commission rappellent le nécessaire respect du malade. La pathologie, qui touche près de 860 000 personnes en France et qui est très invalidante, nécessite "de penser autrement" et de "respecter au plus près les capacités de décision de la personne".

Ainsi, le diagnostic, "dont l'accès demeure un problème en France", doit être facilité par le renforcement des consultations mémoire, qui seront soumises à une nouvelle tarification hospitalière (un "bilan Alzheimer"). Comme annoncé par Nicolas Sarkozy en septembre dernier, l'annonce aux malades et aux aidants sera améliorée et, comme pour le cancer, un accompagnement médico-psycho-social sera proposé dans la foulée. Le médecin traitant, pour qui sera créé un "forfait Alzheimer", remettra au malade et à sa famille une "carte d'information", utile notamment en cas de crise. Un "référent medico-social" unique pourra être désigné.


Par ailleurs, selon les auteurs, le plan Alzheimer ne "doit pas être séparé de la reflexion globale sur l'aide à l'autonomie des personnes en situation de handicap et des personnes âgées". Une expérimentation dans les départements du droit universel à l'autonomie doit donc être mise en place sans attendre la loi, estiment-ils.

Documents téléchargable :
Rapport sur le plan Alzheimer 2008-2012 - 8.2 Mo - PDF



 

Voir aussi :

Maladie d'Alzheimer
Enjeux scientifiques, médicaux et sociétaux
Une expertise collective de l’Inserm

Paris, le 13 novembre 2007

Cet ouvrage présente les travaux du groupe d'experts réunis par l'Inserm dans le cadre de la procédure d'expertise collective (annexe 1), pour répondre à la demande de la Direction générale de la santé (DGS)a concernant la maladie d'Alzheimer et ses enjeux scientifiques, médicaux et sociétaux. Ce travail s'appuie sur les données scientifiques disponibles en date du premier semestre 2007. Près de 2 000 articles ont constitué la base documentaire de cette expertise.
Le Centre d'expertise collective de l'Inserm a assuré la coordination de cette expertise collective.

Assimilée pendant longtemps à un effet du vieillissement, la maladie d’Alzheimer est depuis
peu reconnue comme une vraie pathologie. Elle représente un enjeu majeur de santé
publique impliquant une solidarité nationale.

> Consultez le rapport directement sur son site d'origine
SommaireExtraits /

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Vous pouvez télécharger ce logiciel en cliquant ici

Expertise Collective
© Les éditions Inserm, 2007
101 rue de Tolbiac, 75013 Paris
ISBN 9782-85598-858-6

mardi 30 octobre 2007

Poème à l'infirmière

Toi, l'infirmière

Je ne te connais pas et pourtant je t'admire,

Car tu es toujours là, lorsque la vie chavire,

Ta présence discrète au cœur de l'hôpital

Fait souvent reculer la douleur et le mal.

 

Tu combats la souffrance avec persévérance

Et l'on voit de tes mains renaître l'espérance.

Que de sanglots, de cris, que de maux, de soucis

Au cœur de cet enfer par tes soins adoucis

 

Ton royaume est bâti de râles et de larmes,

Et dans ce monde froid, tu n'as pour seules armes,

Que la force et l'espoir de ton cœur généreux,

Qui apporte la paix à tous les malheureux.

 

Tu es la confidente aimée des solitaires,

De tous ceux que la vie a rendu grabataires

Tu offres ton sommeil, tu distribues ton temps,

Tu soignes, tu guéris tout en réconfortant.

 

Tu es la providence au sourire angélique,
Et dans cet univers inodore, aseptique,

Tu mêles ton parfum aux nuages d'éther

En ajustant la sonde ou bien le cathéter

 

Lorsque la mort, hélas, se montre la plus forte,

Et que le sang glacé se fige dans l'aorte,

L'amertume et la rage envahissent ton cœur,

Qui ne supporte pas que le mal soit vainqueur.

 

Tu sais que la " Camarade" habite les parages,

Et qu'elle peut frapper tous les gens, tous lesâges,

Et tu pleures parfois quand tombe le rideau,

Sur l'inconnu défunt qui va vers le tombeau.

 

Pourtant lorsque paraît, quand s'éloigne le pire,

Une lueur de joie, au milieu d'un sourire,

Alors modestement, tu reçois ce cadeau,

Et tu sens beaucoup moins le poids de ton fardeau
 

Tu me pardonneras, infirmière anonyme,

Ce " tu " si familier au milieu de la rime

Mais je te connais bien car je t'ai vu souvent

Au cœur de l'hôpital plus sombre qu'un couvent.

 

Tu n'es pas une star ni même une vedette,
Pour louer ton travail, ni radio, ni gazette,
Mais laisse moi te dire avec mes mots ici,

Ce que je ne puis taire, infirmière, Merci.


Auteur Anonyme
Message posté sur le forum Infirmiers.com
Aout 2003


jeudi 25 octobre 2007

Les vieux de Jacques Brel

Les vieux
Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux.
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends

Les vieux ne rêvent p!us, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore, bras dessus bras dessous, tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend

Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend

 
« Enfin, quoi, si j'avais du talent, je n'aurais tout de même pas fait des chansons »

Jacques Brel - 1963

mardi 23 octobre 2007

La fin de vie en Europe : le point sur les pratiques médicales

Une enquête pour étudier les pratiques médicales

Johan Bilsen(a), Joachim Cohen(a) et Luc Deliens(a,b)

Sommaire

La fin de vie en Europe : le point sur les pratiques médicales
  • Une enquête pour étudier les pratiques médicales - p. 1
  • Une décision médicale a pu hâter la mort dans un à deux décès non soudains sur trois - p. 2
  • Soulager la douleur ou arrêter un traitement - p. 2
  • L’euthanasie est peu fréquente - p. 2
  • La pratique de la sédation profonde jusqu’à la mort - p. 3
  • Encadré : L’enquête Eureld (European End-of-Life Decisions) - p. 4


Au-delà des quelques cas d’euthanasie faisant l’actualité, qui concernent souvent des personnes jeunes lourdement handicapées, les médecins et les équipes hospitalières accompagnent chaque jour la fin de vie de patients âgés. Les décisions susceptibles d’abréger la vie sont-elles fréquentes ? Par qui sont-elles prises ? Une enquête est prévue en France. Une étude de quelques voisins européens apporte d’ores et déjà des éléments de réponses et relance le débat du « droit à une mort digne ».

Les circonstances de la mort ont changé au cours du dernier siècle en Europe. La plupart des décès surviennent maintenant à des âges élevés voire très élevés.  Ils ont principalement lieu en institution et sont souvent précédés d’une longue maladie chronique. L’offre médicale s’est parallèlement beaucoup élargie et les soins palliatifs se sont développés.

De leur côté, les patients souhaitent de plus en plus souvent privilégier la qualité de la mort à la prolongation de la vie.  Suite à tous ces changements, les professionnels de santé sont de plus en plus souvent conduits à prendre des décisions médicales susceptibles d’abréger la vie de leurs patients. Et un débat sur les droits des malades en phase terminale et sur l’acceptabilité de l’euthanasie et des autres décisions médicales de fin de vie s’est développé dans plusieurs pays.

Les parlements hollandais et belge ont ainsi voté des lois en faveur de l’euthanasie en 2001 et 2002. En Suisse, le suicide assisté est implicitement autorisé depuis longtemps et aux Pays-Bas, il a été légalisé par la loi de 2001 entrée en application en 2002. En France, une loi votée en avril 2005 et mise en application en février 2006 autorise les médecins à renoncer à tout traitement médical inutile ou à intensifier le traitement de la douleur, même si cela a pour effet non intentionnel de hâter la mort.

Lire suite de l'enquète sous format pdf en cliquant sur le lien ci-dessous :
http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1223/publi_pdf1_pop.et.soc.francais.430.pdf

Population & Sociétés n° 430, janvier 2007 – Bulletin mensuel d’information de l’Institut national d’études démographiques


Tous les numéros de Population & Sociétés sont accessibles sur le site de l’Ined : www.ined.fr


lundi 22 octobre 2007

Le malade, une source d'enrichissement pour les autres ?

 Le malade en tant que partenaire 
La relation que l'aidant essaiera d'établir avec la personne malade est celle du partenariat. Il cherchera le  juste milieu avec l'identification au malade et la trop grande distance avec lui. « S'identifier avec » signifie ici se pénétrer des sentiments de l'autre. Cette identification peut avoir de mauvaises influences sur l'aidant et l'empêcher de bien remplir son rôle en lui supprimant ces capacités empathique.

L'empathie

L'empathie est la capacité de participer à l'expérience de l'autre tout en demeurant émotionnellement indépendant ?

Cette situation vient d'une sécurité intérieure qui fait que l'aidant ne se laisse pas bouleverser par certains développements inattendus et angoissants.

La personne peut établir une relation authentique et personnelle par sa bonté, sa responsabilité, son « intérêt désintéressé ». Se sentant émotionnellement à l'aise, elle est capable de s'engager sans crainte dans un éclairage affectif profond et assuré.

Qu'est-ce qui se vit alors, entre l'aidant et l'aidé ? Il se vit de l'amitié, de l'amour gratuit, de la confiance, un certain support mutuel, celui qui donne recevant autant, sinon plus, que celui qui reçoit.

En tout cela, il s'agit de faire prendre conscience au malade qu'il a des ressources, qu'il est capable de reconnaître l'origine de ses difficultés et de les résoudre par ses propres moyens.

Par ses visites répétées, le bénévole acquiert une bonne connaissance du psychisme du malade pour deviner ses besoins conscients et inconscients, mais il sait garder ses distances pour ne pas se laisser submerger par le monde subjectif du malade.

Par sa vision plus objective, il sera à même de dire au malade, le cas échéant, que les solutions ne sont pas toujours très simples et que beaucoup de facteurs extrinsèques conditionnent sa vie.

Être partenaire du malade

Pour être partenaire du malade, il faut une solidité intérieure, une maturité psychologique. "Ma capacité de créer des relations qui facilitent la croissance de l'autre comme personne indépendante est à la mesure du développement que j'ai atteint moi-même".
(Carl Rogers)

L'esprit de partenariat se veut accompagnement et non « direction ». Nous verrons comment l'écoute active est une attitude et une technique qui permet au malade de croire en lui, et de se prendre en main pour régler ses problèmes avec son aidant.

Pourquoi éviter la sympathie ?

La sympathie, selon le Petit Robert, consiste en un « penchant instinctif qui porte deux personnes l'une vers l'autre ». Cette sympathie existe par exemple entre deux membres de la même famille, entre deux grands amis.

Une parente d'un malade disait : « // m'est difficile de l'aider ; je suis trop près de lui et je sens tout ce qu'il ressent ». Cette personne était submergée par les sentiments de celui qu'elle aimait.

Souvent le malade gardera le silence sur ce qu'il ressent, pour ne pas faire de peine à ceux qu'il aime. Il sera par contre plus ouvert et plus à l'aise pour se confier à une personne extérieure à la famille, qu'on peut appeler « aidant ». Il se sentira libre alors d'exprimer tout ce qu'il ressent parce que l'autre est partenaire dans cette relation et non un « intime ». Il s'est établi entre eux une relation empathique, faite de sentiments positifs d'accueil, de respect et même d'amitié.

L'empathie, peut-on dire, c'est comprendre le malade sans avoir pitié de lui. On peut aider le malade à supporter sa souffrance, par des attitudes d'écoute et de compréhension, sans avoir cette attitude de compassion excessive qu'indique le mot « sympathie ». La compréhension et l'aide n'impliquent pas obligatoirement la pitié.

L'aidant en tant que miroir du malade

Le miroir est ce qui réfléchit un objet ou une personne, qui capte une image et la met devant nos yeux. Le malade a besoin de se voir dans les yeux d'un autre, de voir confirmer ce qu'il soupçonne, de trouver la vérité sur son état. Il espère que l'aidant jouera ce rôle à son endroit.

Mais ce rôle est difficile. Ne sommes-nous pas influencés par nos expériences passées ? Si nous avons subi certains traitements qui nous ont traumatisés, ou si nous avons des peurs excessives, accepterons-nous facilement que le malade subisse ces mêmes traitements ? Par exemple une personne qui a un cancer et à qui on a prescrit des traitements de chimiothérapie. Ou encore si nous avons peur du sida, n'allons-nous pas projeter cette peur sur le malade ?


Voir suite de l'article sous format Word à cette adresse :

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/01/58/35/Le-malade-une-source-d-enrichissement-pour-les-autres.doc

jeudi 23 août 2007

L'agonie

 

L’agonie

Par Michel Cavey
Gériatre, soins palliatifs

Lundi 27 février 2006

L’agonie est la phase ultime de l’existence : c’est la période qui précède immédiatement le décès. Elle dure de quelques heures à un ou deux jours.

C’est une période importante à connaître car elle présente plusieurs particularités :
  L’agonie ne prévient pas, ou pas toujours. Elle survient volontiers dans un contexte où on ne l’attendait pas particulièrement, ce qui fait que non seulement elle peut prendre au dépourvu mais qu’on peut mettre un certain temps à comprendre que le malade agonise.
  Le diagnostic en est difficile : on s’inquiète souvent de signes qui ne sont pas graves et on manque l’interprétation d’autres qui sont importants. Par ailleurs il est difficile de faire la différence entre un malade qui s’aggrave mais pour qui une hospitalisation d’urgence va permettre d’inverser le cours des choses et un malade qui agonise et que rien ne peut plus sauver. Nous reviendrons sur ce point.
  C’est un moment impressionnant, où les professionnels les plus aguerris ont tendance à perdre leur esprit scientifique.
  Si l’agonie est détectée et reconnue elle implique des décisions particulières : notamment il n’y a le plus souvent aucune raison d’hospitaliser un malade agonisant.

Lire la suite de l’article très complet en cliquant sur le lien ci-dessous :
http://michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article40


lundi 13 août 2007

Carnet d'une infirmière de nuit de Anne Perraut Soliveres

Titre du livre : "Infirmières, le savoir de la nuit" de Anne Perraut Soliveres

(cadre supérieur Infirmier) prend la parole pour s'indigner ou apaiser.

Quatrième de couvertureInfirmières, le savoir de la nuit
Fruit d'une expérience et d'un engagement personnels, mais aussi d'une réflexion et d'une enquête approfondie, ce livre se propose, à travers une démarche théorique et éthique aux accents souvent militants, de rendre la parole à celles que notre société, et pas seulement lé système médical, laisse dans le silence et dans l'ombre: les infirmières de nuit. Quel savoir ces infirmières, confrontées quotidiennement à la souffrance, à la faiblesse et à la mort, développent-elles ? Quelle est la particularité du « monde de la nuit », qui constitue la face cachée, impensée de la médecine et au-delà même de la science dans son entier? Quelles valeurs produit-il? La nuit est ce moment où les normes, les structures, les rites, le temps même semblent disparaître, et laisser place à la sensation que tout peut arriver: la mort qui rôde et qui ne se décide pas, ou qui se trompe parfois de malade. C'est le moment du vide, de l'aventure, de l'inattendu, mais aussi celui de la liberté et d'une plus grande disponibilité envers les patients. Pour explorer ce savoir de la nuit, et afin que s'éclaire la nuit du savoir, Anne Perraut-Soliveres, elle-même infirmière de nuit, a enquêté pendant sept ans, recueillant de très nombreux témoignages de collègues. Prenant appui sur une méthode particulièrement originale, qui mêle le « je » de l'auteur aux énoncés plus impersonnels de la recherche, cet ouvrage vise à redonner aux infirmières une position stratégique dont la déshumanisation croissante de l'institution hospitalière les a destituées. Il aidera les lecteurs à prendre conscience du piège qu'a tissé, avec l'assentiment d'une majorité silencieuse, un système de soins fondé uniquement sur le profit. -

Chapitre :

Une agonie

Je suis assise dans le fauteuil à côté de son lit. Il respire tranquillement la bouche grande ouverte. La morphine fait son œuvre et le plonge dans un sommeil profond où la douleur a disparu en même temps que sa conscience. Son bras droit ainsi que ses deux jambes sont noirs et glacés, déjà morts du fait de l’obturation de ses artères et l’issue ne fait, hélas, plus aucun doute. C’est seulement une question de temps et la pompe de morphine est, avec l’hydratation, le seul traitement.
Il y a longtemps que sa respiration ne m’avait pas paru aussi facile, son insuffisance respiratoire ne le dérange plus. Je tiens sa main gauche, qui se refroidit sensiblement, dans la mienne et me surprends à vérifier son pouls qui bat trop vite. Je suis infiniment triste de regarder s’en aller cette vie et ne peux détacher mon regard de son visage détendu, ou plutôt sans expression.

Voir la suite de l'article en cliquant sur le lien ci-dessous :
http://infirmiere.blogs.liberation.fr/anne_perraut_soliveres/2007/08/une-agonie.html

Voir aussi : http://infirmiere.blogs.liberation.fr/

Biographie de l'auteur : http://infirmiere.blogs.liberation.fr/about.html
Préface d'Isabelle Stengers.
Auteur(s) : Anne Perraut-Soliveres 
Editeur : Presses Universitaires de France - PUF (6 novembre 2001)
Collection : Partage du savoir
ISBN
  9782130522522

lundi 6 août 2007

Maurice Abiven

Maurice Abiven (né le 10 février 1924 à Brest, Finistère - mort le 27 mai 2007 à Paris) était un médecin français, spécialiste de médecine interne, qui fut l'un des pionniers de la pratique dessoins palliatifs en France.

Pionnier français des soins palliatifs, ce médecin a créé la première unité à l'hôpital de la Cité universitaire, à Paris, avant de publier plusieurs ouvrages de réflexion sur les questions sociales ou religieuses. Spécialiste de médecine interne et l'un des principaux fondateur de la pratique des soins palliatifs en France, Maurice Abiven est mort, dimanche 27 mai, à l'âge de 83 ans. Il a été, durant plusieurs décennies, l'ardent défenseur de leur développement à une époque où cette approche médicale novatrice de la fin de vie était considérée, au choix, comme une pratique marginale sans intérêt ou comme un péché contre la dignité humaine.

Biographie :

En 1987, il crée la première unité de soins palliatifs française à l'hôpital international de la Cité universitaire à Paris, inaugurée en présence de François Mitterrand, président de la République.

En 1989, il participe à la fondation de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), dont il préside le Conseil d'administration de 1989 à 1993, et dont il reste président émérite.


Ouvrages :

  • - Pour une mort plus humaine. Expérience d'une unité hospitalière en soins palliatifs. par Maurice Abiven, Daniel d' Hérouville, Anne-Marie Carlier, et Collectif, Masson, 2004, 208 pages
  • - Euthanasie. Alternatives et controveres par Maurice Abiven, Claude Charlot, Robert Fresco, et Bernard Glorion . Presses de la Renaissance, 2000, 314 pages

  • -Survivances, de la destructivité à la créativité
    par Maurice Abiven, Joyce Aïn, et de la destructivité à la créativité (1998 : Toulouse, France) Carrefour Survivances (Broché - 3 juillet 2005)
    Un autre goût de la vie (préface). Le Cerf, 1996

  • Une éthique pour la mort. par Maurice Abiven-Desclée de Brouwer, 1995, 166 pages

  • Quatrième de couverture
    Si la médecine a connu au cours de ce siècle des progrès remarquables, certains domaines de la pratique médicale demeurent cependant toujours insatisfaisants et objets de critique de la part des usagers. C'est le cas en particulier pour tout ce qui concerne la mort. La médecine, qui sait si bien ramener à la vie des malades graves, à l'état désespéré, accompagne souvent très mal ces mêmes patients lors de leurs derniers instants. Et bien des reproches à l'égard des praticiens sont exprimés par les familles : manque d'attention aux symptômes dont souffrent les mourants, incompréhension de leurs vrais problèmes, obstination à vouloir à tout prix les maintenir encore en vie, quel qu'en soit ce prix... Selon le Dr Maurice Abiven, cette situation résulte en grande partie d'un déficit d'éthique. Focalisée sur la poursuite de la guérison, la médecine laisse en effet souvent de côté les moments ultimes de la vie. Nourri d'une longue pratique des soins palliatifs, ce livre donne donc des repères pour une " éthique de la mort " en s'interrogeant sur les relations entre morale et déontologie, sur l'exigence curative et la réalité du mourir. Traçant les frontières d'une éthique propre à la fin de la vie, il évoque longuement en finale l'euthanasie, qui fait aujourd'hui l'objet d'une législation dans certains pays d'Europe.
  • - Vivre avec celui qui va mourir. par Yves de Gentil-Baichis et Maurice Abiven. Comment entourer et accompagner les derniers moments de la vie
  • Quatrième de couverture
    Aujourd'hui, il est possible d'assurer une mort pacifiée à ceux que nous aimons lorsqu'ils sont atteints par les maladies les plus graves. Parce que l'on peut atténuer leur souffrance physique, et parce que l'on a appris, depuis quelques années, comment la famille et le personnel soignant peuvent les accompagner jusqu'au bout.(en collaboration). Bayard, 1990.

  • Humaniser l'hôpital, Fayard, 1976

samedi 14 juillet 2007

ARRÊT DE VIE, FIN DE VIE, EUTHANASIE

Arret de vie, fin de vie, euthanasie
Enjeux éthiques du débat

Soirée exceptionnelle organisée au Grand amphithéâtre de la Faculté de médecine, mardi 13 mars 2007

Espace éthique/AP-HP - Réseau INSERM de recherche en éthique médicale

Sommaire

Introduction

Vivre sa vie jusqu’à son terme par le Pr Emmanuel Hirsch
Directeur de l'Espace éthique/AP-HP et du Département de recherche en éthique, université Paris-Sud 11, Réseau INSERM de recherche en éthique médicale p.3

Mourir aujourd’hui à l’hôpital par le Dr Edouard Ferrand
Service d’anesthésie et de réanimation, CHU Henri Mondor/AP-HP p.4

Sclérose latérale amyotrophique : assumer les dilemmes par le Pr Vincent Meininger
Fédération de neurologie, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière/AP-HP p.7

L’indispensable compétence par le Pr François Goldwasser
Service de cancérologie, CHU Cochin/AP-HP p.10

Le temps de la relation par le Dr Claude Rougeron
Médecin généraliste p.12

Valeurs originelles d’accompagnement par le Pr Jean-Claude Ameisen
Président du Comité d’éthique de l’INSERM, membre du CCNE, Réseau INSERM de recherche en éthique médicale p.14

Approche collégiale de la décision par le Mr Philippe Toullic
Cadre infirmier, Réanimation médicale, CHU Saint-Louis/AP-HP p.17

Échanges avec la salle par le Pr Patrick Queneau, Dr Henri-Pierre Cornu, Pr Olivier Goulet, Dr Louis Jehel, Dr Renaud Péquignot, Dr Bernad Devallois, Dr Jérôme Pellerin, Dr Jean-Marc Peyrat, Didier Oncina, Dr Alexis Burnod, Dr Anne Laure Boch, Dr Alda Horain, Benoît Colcanap, Dr Michèle Lévy-Soussan, Dr Aude de la Dorie, Pr Daniel François-Wachter p.20

Conclusion

Éthique de la responsabilité par le Pr Christian Hervé
Directeur du Laboratoire d’éthique médicale et de médecine légale, Faculté de médecine, université Paris 5, Réseau INSERM de recherche en éthique médicale p.27

Article complet en téléchargement en cliquant sur le lien ci-dessous :
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/01/58/35/finsdevie-eeaphp-130307.pdf


La fin de vie en Europe.

La fin de vie en Europe :
le point sur les pratiques médicales

Johan Bilsen(a), Joachim Cohen(a) et Luc Deliens(a,b)
INED - Population & Sociétés n° 430, janvier 2007

Au-delà des quelques cas d’euthanasie faisant l’actualité, qui concernent souvent des personnes jeunes lourdement handicapées, les médecins et les équipes hospitalières accompagnent chaque jour la fin de vie de patients âgés. Les décisions susceptibles d’abréger la vie sont-elles fréquentes ? Par qui sont-elles prises ? Une enquête est prévue en France. Une étude de quelques voisins européens apporte d’ores et déjà des éléments de réponses et relance le débat du « droit à une mort digne ».

SOMMAIRE :
La fin de vie en Europe : le point sur les pratiques médicales
p. 1 • Une enquête pour étudier les pratiques médicales - 
p. 2 • Une décision médicale a pu hâter la mort dans un à deux décès non soudains sur trois -  Soulager la douleur ou arrêter un traitement - L’euthanasie est peu fréquente
p. 3 • La pratique de la sédation profonde jusqu’à la mort - 
p. 4 • Encadré : L’enquête Eureld (European End-of-Life Decisions) - Encadré : L’enquête Eureld (European End-of-Life Decisions
) -

Voir document complet en cliquant sur le lien ci-dessous :
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/01/58/35/rapport-ined-fin-de-vie.pdf


jeudi 28 juin 2007

Poème sur "Un sourire"

Un sourire

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,
Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne,
Il ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois éternel,
Personne n'est assez riche pour s'en passer,
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter,
Il crée le bonheur au foyer, il réchauffe les coeurs,
Il est le signe sensible de l'amitié,

Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
Donne du courage au plus découragé,
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c'est une chose qui n'a de valeur qu'à partir du moment où il se donne.
Et si toutefois, vous rencontrez quelqu'un qui ne sait plus sourire
, soyez généreux, donnez-lui le vôtre,
Car nul n'a autant besoin d'un sourire que celui qui ne peut en donner aux autres.

 

"Raoul Follereau" Homme de lettres (1903-1977)  

Biographie de Raoul FOLLEREAU : http://www.raoul-follereau.org/index.php?option=com_content&task=view&id=67&Itemid=165

 

Un sourire, c'est le miel parfumé d'un été qui commence...
Un sourire c'est un printemps qu'on partage...

 

Le droit de mourir dans la dignité a-t'il un prix

Le droit de mourir dans la dignité !


Et en complément, ce petit dossier très bien fait de Gènéthique.

jeudi 15 mars 2007

Jean Leonetti, auteur de la loi sur la fin de vie

Communiqué de presse sur euthanasie et loi sur la fin de vie
   Jean Leonetti, Député des Alpes-MaritimesJean Leonetti, député UMP, auteur de la loi relative aux droits des malades en fin de vie.(http://www.assemblee-nationale.fr)

Jean Leonetti, député UMP, auteur de la loi relative aux droits des malades en fin de vie.
(http://www.assemblee-nationale.fr
 

AFP, le 8 mars 2007        
Le député UMP des Alpes-Maritimes Jean Leonetti, auteur de la loi sur la fin de vie a appelé jeudi à "évaluer la loi" et à "mieux l’appliquer avant de répondre par une autre loi à la souffrance de nos concitoyens".
Cette loi qui porte son nom est "encore insuffisamment connue et quelquefois mal comprise du corps médical lui-même", affirme dans un communiqué M. Leonetti alors que plusde 2.000 médecins et infirmières affirment avoir "aidé des patients à mourir avec décence", dans un manifeste en faveur de la dépénalisation de l’euthanasie paru jeudi.

Pour renforcer son efficacité, il formule "trois propositions :
doter tous les départements d’une structure de soins palliatifs ; former dans les deux ans tous les médecins confrontés à la mort, aux pratiques des soins palliatifs et de l’accompagnement des mourants et créer un observatoire des pratiques de fin de vie pour évaluer la loi".

"La loi actuelle condamne déjà l’acharnement thérapeutique et impose à la fois + le devoir de non-abandon + et + l’obligation de non-souffrance + en fin de vie en utilisant les traitements nécessaires pour faire cesser la douleur même si cela doit hâter la mort", rappelle M. Leonetti.
 

dimanche 11 mars 2007

La loi Leonetti : « objectifs et ambiguïtés » par Patrick VERSPIEREN

La loi Leonetti relative aux droits des malades et à la fin de vie

 

OBJECTIFS ET AMBIGUÏTES

 

Patrick VERSPIEREN : Département d’éthique biomédicale - Centre Sèvres. Paris

 

Quelle évaluation faire de la loi du 22 avril 2005, proposée initialement par la Mission d’information présidée par M. Jean Leonetti ? Peut-on considérer qu’elle va dans le sens du respect des malades, spécialement des malades en fin de vie, et de la solidarité humaine ?*

 

Cette appréciation dépend évidemment de la conception adoptée en ce qui concerne la vie humaine, la liberté individuelle, les droits fondamentaux liés à cette liberté, mais aussi tous les facteurs qui influent et pèsent sur cette liberté, au risque de l’amoindrir ; et aussi de la conception que l’on a de la solidarité humaine.

Certains, par exemple, plaident pour une liberté de l’individu considéré comme indépendant de son entourage, une liberté ouvrant à la totale disposition de son corps et donc de sa vie, tout en y reconnaissant d’ailleurs des limites, car certaines demandes seraient quand même jugées irrationnelles, …ce qui montre qu’en France cette vision d’une totale disposition de son corps par l’individu suscite de multiples réserves.

Dans la présente communication il sera proposé comme repères, pour examiner les droits des malades, spécialement en fin de vie :

·        un respect du malade constitué d’attention à sa souffrance, de place faite à sa liberté face à toute intervention sur son corps, de prise en compte de sa vulnérabilité et de sa dignité, d’une dignité inaliénable dont la reconnaissance conduit à rechercher un juste respect de sa vie,

·        et la solidarité à laquelle la société tout entière est appelée envers chaque malade et l’ensemble des personnes vulnérables.

A ces repères seront confrontés d’abord les objectifs majeurs de la loi, puis sa rédaction même avec les ambiguïtés qu’elle peut comporter.

 

Suite de l’article, cliquer sur le lien ci-dessous :  
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/01/58/35/la-loi-leonetti-par-patrick-vespieren.doc

Fin de vie : la loi existe, par Marie de Hennezel

Fin de vie : la loi existe, par Marie de Hennezel
Marie de Hennezel interpelle les candidats à la présidentielle sur l’application de la loi Leonetti et sur les questions de la fin de vie.

LE MONDE | 28.02.07 | 14h15  •  Mis à jour le 28.02.07 | 14h15

Voilà qu'à une semaine de distance vous prenez l'un et l'autre position en faveur d'une loi sur l'euthanasie. L'un et l'autre, vous invoquez l'argument des "souffrances épouvantables... intolérables" des personnes en fin de vie, souffrances face auxquelles "on ne peut pas rester les bras ballants", dites-vous. Vous voulez "mettre en place une législation" qui permette de les apaiser

En vous écoutant, on reste pantois. N'avons-nous pas déjà une loi qui oblige les médecins à soulager toutes les souffrances, même au risque d'écourter la vie ? N'avons-nous pas déjà une loi qui oblige les médecins à respecter le droit d'une personne de dire : "Je n'en peux plus !"

Avez-vous déjà oublié l'Italien Welby ? S'il avait vécu en France, il aurait obtenu le droit de mourir.

Pourquoi faire croire aux Français qu'il faut une nouvelle loi pour que ces souffrances indignes cessent ? Ne vous appartient-il pas, en tant qu'élus ayant voté les lois qui existent, de faire une pédagogie de ces lois ? D'expliquer aux Français que les textes encadrent parfaitement la fin de la vie, et que si des cas de souffrances intolérables nous sont encore rapportés, cela montre que la loi n'est pas encore appliquée partout. Cela montre que certaines équipes ont encore des choses à apprendre.

Si vous voulez vraiment vous engager aux côtés de ceux qui souffrent, pourquoi ne prenez-vous pas l'engagement solennel, comme vous savez si bien le faire sur d'autres sujets, de faire appliquer les bonnes pratiques en fin de vie ?

Pourquoi ne prenez-vous pas l'engagement de former, d'ici cinq ans, tous les médecins hospitaliers et libéraux de France, afin qu'il n'y ait plus un endroit dans notre pays où l'on puisse réclamer la mort parce que l'on n'en peut plus de souffrir ?

Pourquoi ne prenez-vous pas l'engagement de financer des postes de psychologue pour épauler les médecins et les infirmières confrontés à tant d'angoisse, et de donner aux établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes les moyens d'offrir une fin de vie digne et humaine ?

Pourquoi ne prenez-vous pas l'engagement de financer le congé d'accompagnement prévu par la loi du 9 juin 1999. Les familles pourraient alors assumer leur rôle d'accompagnement. Savez-vous qu'aujourd'hui, à l'hôpital, trois personnes sur quatre meurent sans un proche à leurs côtés ?

Ces mesures demanderont un effort. Sans elles, on verra se généraliser une mort à deux vitesses. Là où la culture palliative aura diffusé son savoir-faire et son savoir-être, on trouvera les conditions pour une fin de vie apaisée. Ailleurs, on n'aura sans doute pas d'autre issue que de demander la mort pour être soulagé. Je ne doute pas que vous soyez convaincus de l'urgence de réduire l'inégalité d'accès aux soins palliatifs. J'imagine que, comme moi,

vous trouvez inacceptable qu'on invoque l'hétérogénéité des pratiques en fin de vie comme argument en faveur d'une loi qui donnerait aux médecins le droit de tuer ceux qu'ils ne savent pas soulager.

C'est pourquoi il ne faut pas se tromper de débat. Les "souffrances intolérables" que vous évoquez l'un et l'autre appellent autre chose qu'une nouvelle loi, des mesures concrètes, urgentes, impératives. Nous attendons que vous les preniez.

Mais sans doute pressentez-vous qu'un autre débat est nécessaire. Ce débat-là ne concerne pas les personnes en fin de vie, mais celles qui veulent maîtriser le moment de leur mort, en choisir le jour, et obtenir qu'on les aide à se suicider. Nous attendons que vous ayez l'honnêteté de le reconnaître et de poser les vraies questions.

Quelle place sommes-nous prêts à accorder à ceux qui se sentent de plus en plus exclus de la communauté des vivants et désirent la mort plutôt que la vie : parmi eux, des polyhandicapés, de grands vieillards, des dépendants, des déments, et même de plus en plus de grands déprimés ?

Quelle réponse sommes-nous prêts à apporter à des souffrances qui ne concernent pas la fin de la vie ?

Voilà le débat que nous aimerions que vous ayez le courage d'entamer, car il n'a pas encore eu lieu. Ce serait plus clair pour tout le monde.

Marie de Hennezel, psychologue, écrivain.

Article paru dans l'édition du 01.03.07. Voir lien ci-dessous :
 

Pour le docteur Bernard Devalois, président de la SFAP : « Nous aidons les gens à mourir sans souffrir, nous soutenons leur famille, nous avons les moyens de le faire, cela ne veut pas dire qu'on provoque la mort. »

Enfin, Jean Leonetti, médecin, député UMP, à l'origine de la loi de 2005 sur la fin de vie, déplore la confusion qui règne sur la terminologie dans ce débat et soutient que « que la loi d'avril 2005 n'est pas connue, est mal comprise et mal appliquée. La première chose à faire serait d'abord de remédier à cela. »

Mais avant tout, il faudrait que les soignants apprennent, entre eux, à parler de la mort. "Pas comme d'un échec, ou d'un sujet tabou, mais comme d'une réalité à laquelle nous sommes confrontés tous les jours."

vendredi 16 février 2007

Euthanasie et soins palliatifs

En Italie, le procureur de Sassari vient de rejeter la demande de Giovanni Nuvoli. Âgé de 53 ans et atteint de dystrophie musculaire amyotrophique depuis 6 ans, il avait demandé que l'on débranche la machine l'oxygénant ce qui aurait entraîné sa mort.

Pour le Procureur, "on ne peut pas contraindre un médecin, même indirectement, à accomplir un acte contre lequel sa conscience se rebelle". Certains médecins se sont félicités de cette décision parce que : "le Ministère publique souligne non seulement que l'on ne peut pas obliger quelqu'un à faire le contraire de ce que requiert sa profession et son professionnalisme, mais que procurer l'insuffisance respiratoire n'est pas une simple suspension de thérapies de soutien vital mais un véritable acte d'euthanasie". Ils regrettent en revanche que les pro-euthanasie exercent une forte pression sur l'opinion publique en se saisissant une nouvelle fois d'un tel cas et en le portant sur la place publique à grand renfort de coups médiatiques.

L'Eglise italienne avait déjà rappelé, lors du cas Welby (cf. synthèse de presse du 26/12/06), la nécessité de développer les soins palliatifs pour "supprimer la souffrance et non supprimer le malade". Le 11 février dernier, à l'occasion de la Journée mondiale du malade, le pape Benoît XVI a également insisté sur l'utilité des unités de soins palliatifs.

© genethique.org

Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Zenit 14/02/07, 13/02/07 & 12/02/07

dimanche 11 février 2007

Le syndrome d'épuisement professionnel des soignants face à la fin de vie

Le syndrome d'épuisement professionnel des soignants face à la fin de vie

1. La notion générale d'épuisement professionnel

2. La spécificité du "syndrome" face à la mort

3. Les outils d'évaluation, la prise en charge, la prévention


1. Le stress, l'épuisement professionnel, le burn out

Une psychopathologie consécutive à une situation professionnelle est signalée dans la littérature dès 1936 chez Selye (1) et 1942 chez Cannon (2). Ils utilisent le mot "stress", terme anglais déjà usité au 14éme siècle qui signifie épreuve, affliction puis pression, contrainte.

Le stress est un syndrome général d'adaptation affectant les infirmières confrontées à la souffrance, à la maladie grave, à la mort qui les considèrent comme des agressions, des pressions et développent ce qu'on nomme le "stress des infirmières" (Pronost, 3- n°spécial 79, JALMALV ,4).

L'épuisement professionnel est massivement pris en compte dès les années 70 aux Etats-Unis, et dès 1959, en France, par Claude Veil (5), psychiatre, qui constate dans une consultation de psychiatrie du travail " des cas déconcertants qui n'entrent pas dans la nosographie classique ", et que face à ces cas "le concept d'épuisement se révèle un bon outil intellectuel". Ces états d'épuisement sont le plus souvent remarqués parmi les professionnels travaillant dans le cadre d'une relation à l'autre, ainsi parmi les soignants. En 1970, Herbert Freunberger (6), psychiatre anglais, introduit le notion de burn out en rapportant les difficultés rencontrées dans de nouvelles structures de prise en charge : les free clinics, où les intervenants en toxicomanie doivent montrer une extrême disponibilité, entraînant une pression plus grande. Freunberger constate que " ces gens sont parfois victimes d'incendie tout comme les immeubles ; sous l'effet de la tension produite par notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous l'action des flammes, ne laissant qu'un vide immense à l'intérieur, même si l'enveloppe externe semble plus ou moins intacte."

Voir article complet : http://www.cdrnfxb.org/content/view/797/68/

Centre de Ressources National François-Xavier Bagnoud

http://www.cdrnfxb.org/index.php

Désigné Centre de Ressources National par le Ministère de la Santé en 2002, le CDRN

FXB a pour objectif de contribuer au développement des soins palliatifs et de l'accompagnement en mettant à disposition l'information sur ces domaines auprès des professionnels, des bénévoles et du grand public.