vendredi 16 février 2007

Euthanasie et soins palliatifs

En Italie, le procureur de Sassari vient de rejeter la demande de Giovanni Nuvoli. Âgé de 53 ans et atteint de dystrophie musculaire amyotrophique depuis 6 ans, il avait demandé que l'on débranche la machine l'oxygénant ce qui aurait entraîné sa mort.

Pour le Procureur, "on ne peut pas contraindre un médecin, même indirectement, à accomplir un acte contre lequel sa conscience se rebelle". Certains médecins se sont félicités de cette décision parce que : "le Ministère publique souligne non seulement que l'on ne peut pas obliger quelqu'un à faire le contraire de ce que requiert sa profession et son professionnalisme, mais que procurer l'insuffisance respiratoire n'est pas une simple suspension de thérapies de soutien vital mais un véritable acte d'euthanasie". Ils regrettent en revanche que les pro-euthanasie exercent une forte pression sur l'opinion publique en se saisissant une nouvelle fois d'un tel cas et en le portant sur la place publique à grand renfort de coups médiatiques.

L'Eglise italienne avait déjà rappelé, lors du cas Welby (cf. synthèse de presse du 26/12/06), la nécessité de développer les soins palliatifs pour "supprimer la souffrance et non supprimer le malade". Le 11 février dernier, à l'occasion de la Journée mondiale du malade, le pape Benoît XVI a également insisté sur l'utilité des unités de soins palliatifs.

© genethique.org

Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Zenit 14/02/07, 13/02/07 & 12/02/07

dimanche 11 février 2007

Le syndrome d'épuisement professionnel des soignants face à la fin de vie

Le syndrome d'épuisement professionnel des soignants face à la fin de vie

1. La notion générale d'épuisement professionnel

2. La spécificité du "syndrome" face à la mort

3. Les outils d'évaluation, la prise en charge, la prévention


1. Le stress, l'épuisement professionnel, le burn out

Une psychopathologie consécutive à une situation professionnelle est signalée dans la littérature dès 1936 chez Selye (1) et 1942 chez Cannon (2). Ils utilisent le mot "stress", terme anglais déjà usité au 14éme siècle qui signifie épreuve, affliction puis pression, contrainte.

Le stress est un syndrome général d'adaptation affectant les infirmières confrontées à la souffrance, à la maladie grave, à la mort qui les considèrent comme des agressions, des pressions et développent ce qu'on nomme le "stress des infirmières" (Pronost, 3- n°spécial 79, JALMALV ,4).

L'épuisement professionnel est massivement pris en compte dès les années 70 aux Etats-Unis, et dès 1959, en France, par Claude Veil (5), psychiatre, qui constate dans une consultation de psychiatrie du travail " des cas déconcertants qui n'entrent pas dans la nosographie classique ", et que face à ces cas "le concept d'épuisement se révèle un bon outil intellectuel". Ces états d'épuisement sont le plus souvent remarqués parmi les professionnels travaillant dans le cadre d'une relation à l'autre, ainsi parmi les soignants. En 1970, Herbert Freunberger (6), psychiatre anglais, introduit le notion de burn out en rapportant les difficultés rencontrées dans de nouvelles structures de prise en charge : les free clinics, où les intervenants en toxicomanie doivent montrer une extrême disponibilité, entraînant une pression plus grande. Freunberger constate que " ces gens sont parfois victimes d'incendie tout comme les immeubles ; sous l'effet de la tension produite par notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous l'action des flammes, ne laissant qu'un vide immense à l'intérieur, même si l'enveloppe externe semble plus ou moins intacte."

Voir article complet : http://www.cdrnfxb.org/content/view/797/68/

Centre de Ressources National François-Xavier Bagnoud

http://www.cdrnfxb.org/index.php

Désigné Centre de Ressources National par le Ministère de la Santé en 2002, le CDRN

FXB a pour objectif de contribuer au développement des soins palliatifs et de l'accompagnement en mettant à disposition l'information sur ces domaines auprès des professionnels, des bénévoles et du grand public.