jeudi 15 mars 2007

Jean Leonetti, auteur de la loi sur la fin de vie

Communiqué de presse sur euthanasie et loi sur la fin de vie
   Jean Leonetti, Député des Alpes-MaritimesJean Leonetti, député UMP, auteur de la loi relative aux droits des malades en fin de vie.(http://www.assemblee-nationale.fr)

Jean Leonetti, député UMP, auteur de la loi relative aux droits des malades en fin de vie.
(http://www.assemblee-nationale.fr
 

AFP, le 8 mars 2007        
Le député UMP des Alpes-Maritimes Jean Leonetti, auteur de la loi sur la fin de vie a appelé jeudi à "évaluer la loi" et à "mieux l’appliquer avant de répondre par une autre loi à la souffrance de nos concitoyens".
Cette loi qui porte son nom est "encore insuffisamment connue et quelquefois mal comprise du corps médical lui-même", affirme dans un communiqué M. Leonetti alors que plusde 2.000 médecins et infirmières affirment avoir "aidé des patients à mourir avec décence", dans un manifeste en faveur de la dépénalisation de l’euthanasie paru jeudi.

Pour renforcer son efficacité, il formule "trois propositions :
doter tous les départements d’une structure de soins palliatifs ; former dans les deux ans tous les médecins confrontés à la mort, aux pratiques des soins palliatifs et de l’accompagnement des mourants et créer un observatoire des pratiques de fin de vie pour évaluer la loi".

"La loi actuelle condamne déjà l’acharnement thérapeutique et impose à la fois + le devoir de non-abandon + et + l’obligation de non-souffrance + en fin de vie en utilisant les traitements nécessaires pour faire cesser la douleur même si cela doit hâter la mort", rappelle M. Leonetti.
 

dimanche 11 mars 2007

La loi Leonetti : « objectifs et ambiguïtés » par Patrick VERSPIEREN

La loi Leonetti relative aux droits des malades et à la fin de vie

 

OBJECTIFS ET AMBIGUÏTES

 

Patrick VERSPIEREN : Département d’éthique biomédicale - Centre Sèvres. Paris

 

Quelle évaluation faire de la loi du 22 avril 2005, proposée initialement par la Mission d’information présidée par M. Jean Leonetti ? Peut-on considérer qu’elle va dans le sens du respect des malades, spécialement des malades en fin de vie, et de la solidarité humaine ?*

 

Cette appréciation dépend évidemment de la conception adoptée en ce qui concerne la vie humaine, la liberté individuelle, les droits fondamentaux liés à cette liberté, mais aussi tous les facteurs qui influent et pèsent sur cette liberté, au risque de l’amoindrir ; et aussi de la conception que l’on a de la solidarité humaine.

Certains, par exemple, plaident pour une liberté de l’individu considéré comme indépendant de son entourage, une liberté ouvrant à la totale disposition de son corps et donc de sa vie, tout en y reconnaissant d’ailleurs des limites, car certaines demandes seraient quand même jugées irrationnelles, …ce qui montre qu’en France cette vision d’une totale disposition de son corps par l’individu suscite de multiples réserves.

Dans la présente communication il sera proposé comme repères, pour examiner les droits des malades, spécialement en fin de vie :

·        un respect du malade constitué d’attention à sa souffrance, de place faite à sa liberté face à toute intervention sur son corps, de prise en compte de sa vulnérabilité et de sa dignité, d’une dignité inaliénable dont la reconnaissance conduit à rechercher un juste respect de sa vie,

·        et la solidarité à laquelle la société tout entière est appelée envers chaque malade et l’ensemble des personnes vulnérables.

A ces repères seront confrontés d’abord les objectifs majeurs de la loi, puis sa rédaction même avec les ambiguïtés qu’elle peut comporter.

 

Suite de l’article, cliquer sur le lien ci-dessous :  
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/01/58/35/la-loi-leonetti-par-patrick-vespieren.doc

Fin de vie : la loi existe, par Marie de Hennezel

Fin de vie : la loi existe, par Marie de Hennezel
Marie de Hennezel interpelle les candidats à la présidentielle sur l’application de la loi Leonetti et sur les questions de la fin de vie.

LE MONDE | 28.02.07 | 14h15  •  Mis à jour le 28.02.07 | 14h15

Voilà qu'à une semaine de distance vous prenez l'un et l'autre position en faveur d'une loi sur l'euthanasie. L'un et l'autre, vous invoquez l'argument des "souffrances épouvantables... intolérables" des personnes en fin de vie, souffrances face auxquelles "on ne peut pas rester les bras ballants", dites-vous. Vous voulez "mettre en place une législation" qui permette de les apaiser

En vous écoutant, on reste pantois. N'avons-nous pas déjà une loi qui oblige les médecins à soulager toutes les souffrances, même au risque d'écourter la vie ? N'avons-nous pas déjà une loi qui oblige les médecins à respecter le droit d'une personne de dire : "Je n'en peux plus !"

Avez-vous déjà oublié l'Italien Welby ? S'il avait vécu en France, il aurait obtenu le droit de mourir.

Pourquoi faire croire aux Français qu'il faut une nouvelle loi pour que ces souffrances indignes cessent ? Ne vous appartient-il pas, en tant qu'élus ayant voté les lois qui existent, de faire une pédagogie de ces lois ? D'expliquer aux Français que les textes encadrent parfaitement la fin de la vie, et que si des cas de souffrances intolérables nous sont encore rapportés, cela montre que la loi n'est pas encore appliquée partout. Cela montre que certaines équipes ont encore des choses à apprendre.

Si vous voulez vraiment vous engager aux côtés de ceux qui souffrent, pourquoi ne prenez-vous pas l'engagement solennel, comme vous savez si bien le faire sur d'autres sujets, de faire appliquer les bonnes pratiques en fin de vie ?

Pourquoi ne prenez-vous pas l'engagement de former, d'ici cinq ans, tous les médecins hospitaliers et libéraux de France, afin qu'il n'y ait plus un endroit dans notre pays où l'on puisse réclamer la mort parce que l'on n'en peut plus de souffrir ?

Pourquoi ne prenez-vous pas l'engagement de financer des postes de psychologue pour épauler les médecins et les infirmières confrontés à tant d'angoisse, et de donner aux établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes les moyens d'offrir une fin de vie digne et humaine ?

Pourquoi ne prenez-vous pas l'engagement de financer le congé d'accompagnement prévu par la loi du 9 juin 1999. Les familles pourraient alors assumer leur rôle d'accompagnement. Savez-vous qu'aujourd'hui, à l'hôpital, trois personnes sur quatre meurent sans un proche à leurs côtés ?

Ces mesures demanderont un effort. Sans elles, on verra se généraliser une mort à deux vitesses. Là où la culture palliative aura diffusé son savoir-faire et son savoir-être, on trouvera les conditions pour une fin de vie apaisée. Ailleurs, on n'aura sans doute pas d'autre issue que de demander la mort pour être soulagé. Je ne doute pas que vous soyez convaincus de l'urgence de réduire l'inégalité d'accès aux soins palliatifs. J'imagine que, comme moi,

vous trouvez inacceptable qu'on invoque l'hétérogénéité des pratiques en fin de vie comme argument en faveur d'une loi qui donnerait aux médecins le droit de tuer ceux qu'ils ne savent pas soulager.

C'est pourquoi il ne faut pas se tromper de débat. Les "souffrances intolérables" que vous évoquez l'un et l'autre appellent autre chose qu'une nouvelle loi, des mesures concrètes, urgentes, impératives. Nous attendons que vous les preniez.

Mais sans doute pressentez-vous qu'un autre débat est nécessaire. Ce débat-là ne concerne pas les personnes en fin de vie, mais celles qui veulent maîtriser le moment de leur mort, en choisir le jour, et obtenir qu'on les aide à se suicider. Nous attendons que vous ayez l'honnêteté de le reconnaître et de poser les vraies questions.

Quelle place sommes-nous prêts à accorder à ceux qui se sentent de plus en plus exclus de la communauté des vivants et désirent la mort plutôt que la vie : parmi eux, des polyhandicapés, de grands vieillards, des dépendants, des déments, et même de plus en plus de grands déprimés ?

Quelle réponse sommes-nous prêts à apporter à des souffrances qui ne concernent pas la fin de la vie ?

Voilà le débat que nous aimerions que vous ayez le courage d'entamer, car il n'a pas encore eu lieu. Ce serait plus clair pour tout le monde.

Marie de Hennezel, psychologue, écrivain.

Article paru dans l'édition du 01.03.07. Voir lien ci-dessous :
 

Pour le docteur Bernard Devalois, président de la SFAP : « Nous aidons les gens à mourir sans souffrir, nous soutenons leur famille, nous avons les moyens de le faire, cela ne veut pas dire qu'on provoque la mort. »

Enfin, Jean Leonetti, médecin, député UMP, à l'origine de la loi de 2005 sur la fin de vie, déplore la confusion qui règne sur la terminologie dans ce débat et soutient que « que la loi d'avril 2005 n'est pas connue, est mal comprise et mal appliquée. La première chose à faire serait d'abord de remédier à cela. »

Mais avant tout, il faudrait que les soignants apprennent, entre eux, à parler de la mort. "Pas comme d'un échec, ou d'un sujet tabou, mais comme d'une réalité à laquelle nous sommes confrontés tous les jours."