lundi 13 août 2007

Carnet d'une infirmière de nuit de Anne Perraut Soliveres

Titre du livre : "Infirmières, le savoir de la nuit" de Anne Perraut Soliveres

(cadre supérieur Infirmier) prend la parole pour s'indigner ou apaiser.

Quatrième de couvertureInfirmières, le savoir de la nuit
Fruit d'une expérience et d'un engagement personnels, mais aussi d'une réflexion et d'une enquête approfondie, ce livre se propose, à travers une démarche théorique et éthique aux accents souvent militants, de rendre la parole à celles que notre société, et pas seulement lé système médical, laisse dans le silence et dans l'ombre: les infirmières de nuit. Quel savoir ces infirmières, confrontées quotidiennement à la souffrance, à la faiblesse et à la mort, développent-elles ? Quelle est la particularité du « monde de la nuit », qui constitue la face cachée, impensée de la médecine et au-delà même de la science dans son entier? Quelles valeurs produit-il? La nuit est ce moment où les normes, les structures, les rites, le temps même semblent disparaître, et laisser place à la sensation que tout peut arriver: la mort qui rôde et qui ne se décide pas, ou qui se trompe parfois de malade. C'est le moment du vide, de l'aventure, de l'inattendu, mais aussi celui de la liberté et d'une plus grande disponibilité envers les patients. Pour explorer ce savoir de la nuit, et afin que s'éclaire la nuit du savoir, Anne Perraut-Soliveres, elle-même infirmière de nuit, a enquêté pendant sept ans, recueillant de très nombreux témoignages de collègues. Prenant appui sur une méthode particulièrement originale, qui mêle le « je » de l'auteur aux énoncés plus impersonnels de la recherche, cet ouvrage vise à redonner aux infirmières une position stratégique dont la déshumanisation croissante de l'institution hospitalière les a destituées. Il aidera les lecteurs à prendre conscience du piège qu'a tissé, avec l'assentiment d'une majorité silencieuse, un système de soins fondé uniquement sur le profit. -

Chapitre :

Une agonie

Je suis assise dans le fauteuil à côté de son lit. Il respire tranquillement la bouche grande ouverte. La morphine fait son œuvre et le plonge dans un sommeil profond où la douleur a disparu en même temps que sa conscience. Son bras droit ainsi que ses deux jambes sont noirs et glacés, déjà morts du fait de l’obturation de ses artères et l’issue ne fait, hélas, plus aucun doute. C’est seulement une question de temps et la pompe de morphine est, avec l’hydratation, le seul traitement.
Il y a longtemps que sa respiration ne m’avait pas paru aussi facile, son insuffisance respiratoire ne le dérange plus. Je tiens sa main gauche, qui se refroidit sensiblement, dans la mienne et me surprends à vérifier son pouls qui bat trop vite. Je suis infiniment triste de regarder s’en aller cette vie et ne peux détacher mon regard de son visage détendu, ou plutôt sans expression.

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Biographie de l'auteur : http://infirmiere.blogs.liberation.fr/about.html
Préface d'Isabelle Stengers.
Auteur(s) : Anne Perraut-Soliveres 
Editeur : Presses Universitaires de France - PUF (6 novembre 2001)
Collection : Partage du savoir
ISBN
  9782130522522

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