mardi 22 avril 2008

Mémoire, sujet : l'infirmier(e) face à la mort

« La souffrance des soignants n'est pas souvent prise en compte. Pourtant, ils assistent, de plus en plus fréquemment, aux derniers instants de vie de leurs patients dans des conditions parfois difficiles. Leur permettre d'exprimer cette souffrance passe par l'adaptation à de nouveaux comportements et la création de groupes de paroles au sein du service. »

                                                                                                                 Michèle LEGRAND


L'infirmier(e) face à la mort

"Et si nous en parlions"

 

Travaux de recherche effectués par :

SM DELBARD Céline, SGT FEVRIER Séverine, SGT PERON Cédric, SGT STEGRE Cathy

PROMOTION 1998 - 2001

Etre soignant n'est pas seulement l'accomplissement de plusieurs techniques de soins, c'est aussi le résultat de l'interaction entre son travail, son environnement et son lieu d'exercice

Cette profession, pour être plus précis, s'exerce par rapport au malade et à l'entourage de celui-ci, à l'équipe soignante, et à la société qui établi des règles, des droits et des devoirs.

Dans des services de fin de vie, le soignant est sans cesse confronté à l'idée de vie, de mort, de vieillissement. Il doit aider à vivre mais aussi à mourir. Parfois même il doit accomplir des gestes dont il ne comprend pas le sens. Il doit également faire face à des problèmes comme le manque de temps, le manque de reconnaissance, ainsi qu'à l'incompréhension (la sienne mais aussi celle des familles)

Favoriser la verbalisation de telles charges doit être une priorité pour le soignant
Pouvoir raconter ses émotions, savoir également que d'autres soignants partagent ces sentiments est un excellent moyen de libération des tensions accumulées lors de l'accompagnement des mourants.

Les expériences de tous sont alors partagées et chacun pourra apporter son soutien et son expérience à l'autre. Peut-être est-ce pour cela que l'équipe soignante du service de long séjour à la maison de retraite Beauséjour, souhaite pouvoir participer à des réunions qui associeraient l'équipe paramédicale et l'équipe médicale.

Notre travail met donc en évidence, au-delà du besoin de communication, que les soignants éprouvent un grand besoin de formation. La capacité à supporter la vue de la mort ou ce qu'elle représente est propre à chacun. Se retrouver dans ces situations à haut risque psychologique nécessite une préparation que l'on pourrait acquérir grâce à des stages encadrés par des professionnels.

    Dans ce travail, nous allons donc aborder dans un premier temps, le cadre de conceptuel qui définit l'anthropologie de la mort, les soins palliatifs, l'accompagnement, les patients en fin de vie ainsi qu'une approche des comportements des soignants face à la mort. Puis dans un second temps, nous parlerons du cadre d'étude, nous exposerons notre enquête et ses résultats, ainsi qu'une ébauche de solution.

  Ce mémoire très bien documenté est consultable en cliquant : 

 

  TABLE DES MATIÈRES

 

Introduction

1. Cadre conceptuel

1.1. Anthropologie de la mort
1.2. Les soins palliatifs

1.2.1. Historique
1.2.2. Définitions
1.2.3. Les textes législatifs

1.3. L'accompagnement

1.3.1. Le malade
1.3.2. L'entourage

1.4. Le patient en fin de vie

1.4.1. Les stades du mourir
1.4.2. Besoins psychoaffectifs et spirituels
1.4.3. La famille et le deuil

1.5. Le soignant face à la mort

1.5.1. Le travail de deuil
1.5.2. Les institutions en rapport avec la mort
1.5.3. Les mécanismes de défense des soignants
1.5.4. Le syndrome d'épuisement professionnel
1.5.5. Comment éviter le syndrome d'épuisement

2. Cadre d'étude

2.1. Présentation de l'établissement

2.1.1. Historique
2.1.2. Situation
2.1.3. Ses locaux
2.1.4. Capacité totale d'accueil
2.1.5. Le personnel

2.2. Le service de long séjour

2.2.1. Situation
2.2.2. Le personnel
2.2.3. Objectifs et outils du service

3. Problématique
4. Hypothèse
5. Enquête

5.1. Méthodologie de l'enquête
5.2.
Analyse de l'enquête
5.3. Conclusion de l'analyse

6. Les solutions proposées

Conclusion

Bibliographie

Annexes




Voir aussi :
Le syndrome d'épuisement professionnel des soignants face à la fin de vie :

1. La notion générale d'épuisement professionnel

2. La spécificité du "syndrome" face à la mort

3. Les outils d'évaluation, la prise en charge, la prévention



lundi 21 avril 2008

Fin de vie devant soi

Comment apaiser ceux qui ne guériront pas ? Entre lutte permanente contre la souffrance et écoute des petits désirs qui adoucissent la vie de chacun,
plongée dans l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de Besançon.

 

Enquête et interview recueillie par JACKY DURAND reporter à Libération
QUOTIDIEN : mardi 15 avril 2008

 

Docteur Régis Aubry responsable du département des soins palliatifs au CHU de Besançon
Président du comité national de suivi du développement des soins
palliatifs et ancien président
de la SFAP.

 

Aujourd’hui, «monsieur Jean» comme on l’appelle dans le service, se «sent bien», il a passé «une bonne nuit». Coiffé de frais, la raie sur le côté de ses cheveux gris, monsieur Jean arbore un coquet pyjama. Assis dans son lit, il relève le drap pour cacher ses «jambes de danseuse» recouvertes de bas de contention qu’il «n’aime pas». Monsieur Jean occupe l’un des six lits du service de soins palliatifs du Centre hospitalier universitaire (CHU) Jean-Minjoz à Besançon (Doubs). On y accueille des patients âgés de quelques mois à plus de cent ans.

 

«J’ai un cancer des voies biliaires, raconte monsieur Jean. Ça fait trois ans que c’est lourd à porter. Je ne suis pas loin de la dernière ligne droite. Ça fait un drôle d’effet de se retrouver en soins palliatifs. Je suis là depuis trois semaines. C’est pas mal.» Silence. On ne voit plus que ses grands yeux bleus dans son visage émacié. «Je sens que j’arrive au bout du rouleau. Je ne sais pas pour combien de temps encore. Mon objectif ? Arriver à être là encore un jour, un mois, quinze jours, je suis incapable de dire combien.» Monsieur Jean, qui a élevé quatre enfants, attend la venue ce week-end de son fils «de Paris». «Il faut que je continue à me battre pour eux.» Le docteur Elisabeth Batit lui palpe doucement le ventre : «Les remontées acides, il n’y en a plus ?» «Non, répond monsieur Jean. Mon truc, c’est le hoquet au réveil. J’avais des courbatures dans les bras ce matin». Et puis il revient sur sa fin de vie : «Je pense que ça va aller encore quinze jours.» Le médecin lui tient la main : «On avait évoqué le projet de sortie mais l’état est trop fluctuant. On a décidé d’investir cette chambre comme une maison. Il y a du "taf" comme disent les jeunes.» Avec l’équipe, Elisabeth Batit évoque la possibilité d’installer l’ordinateur de monsieur Jean au pied de son lit. Les soignants quittent la chambre. Monsieur Jean fixe le calendrier au mur en face de son lit qui n’indique pas la date du jour. Il parle de sa femme qui a pris un studio dans une résidence hôtelière de Besançon pour être près de lui. Puis il dit : «Je suis un peu en boucle.» Avant de relever la manche de son pyjama pour désigner le patch de morphine. «J’ai l’impression de pas dormir. En fait, je dors comme un loir. Je ne vois pas d’éléphants roses. Dans l’ensemble, ils sont gris. Je peux très bien vous parler, disjoncter totalement et parler aux murs en même temps.»

 

... On est un service pour les situations les plus complexes. On a pas mal de Chantal Sébire», résume Régis Aubry, chef du service et président du Comité national de suivi du développement des soins palliatifs. Au bout d’un couloir, une fenêtre sur le printemps naissant et à droite une porte ouverte sur un visage de profil que l’on dirait de cire. Presque irréel. Pour Régis Aubry,...


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lundi 14 avril 2008

Video-conférence : La peur de la mort a t-elle changé ?

Sur le rapport de la société moderne

à la mort et à la dépendance


Table ronde : Vidéo-conférence (120 mn)
- Voir la vidéo >

 

Paris, novembre 2007  

 

Intervenants : Grand Rabbin Gilles BERNHEIM, Père Patrick VERSPIEREN.
Président : Emmanuel HIRSCH, interpellateur : Hervé JUVIN

 

Traditionnellement la vie était perçue comme un don dont on craignait le moment où il serait repris, elle apparaît aujourd'hui comme un droit dont il faut jouir aussi pleinement que la


science le permet. Cela met en difficulté non seulement les normes confessionnelles, mais toute l'anthropologie religieuse.

  

Sujets traités :

 

1 La mort volontaire: une liberté illusoire

par Hervé Juvin, auteur de L'Avènement du corps  (18m 40)

 

2 <  Le culte de la performance individuelle est mortifère 

par Patrick Verspiren, prêtre jésuite  (23m 21)

 

3 <  L'homme moderne perd le sens de la transmission

par Gilles Bernheim, Grand Rabbin  (22m 27)

 

4 <  Débat entre les conférenciers 

Comment meurt-on aujourd'hui ?  (16m 45)

 

5 < Questions du public 

"Moderniser" les religions; Diversité des attitudes face à la mort  (15m 00)



Vous pouvez visionner l’ensemble de ces débats en cliquant ICI > images
http://www.akadem.org/sommaire/themes/histoire/7/2/module_3335.php

Biographie des conférenciers :


Gilles Bernheim est le Rabbin de la Grande Synagogue de la Victoire, professeur agrégé de philosophie, il est vice-président de l'Amitié Judéo-Chrétienne de France et il est expert dans les problèmes d'éthiques médicales (membre honoraire du Conseil National du Sida et coprésident de la Commission d'éthique médicale du Consistoire de Paris).


Le père Patrick Verspieren est responsable du département d'éthique biomédicale au Centre Sèvres des jésuites de Paris. Il est l'un des pionniers de l'introduction d'unités de soins palliatifs en France.

Emmanuel Hirsch
est Directeur, Département de recherches en éthique de la Faculté de Médecine Paris-Sud 11 et de l’Espace éthique AP-HP.

Hervé Juvin est Président d'Eurogroup Institute, il a publié de nombreux
articles et plusieurs ouvrages sur les questions de société.

 

vendredi 11 avril 2008

La vielle femme grincheuse

 Que vois-tu, toi qui me soignes, que vois-tu ?
Quand tu me regardes, que penses-tu ?


Une vieille femme grincheuse, un peu folle,
le regard perdu, qui bave quand elle mange et ne répond jamais
quand tu dis d'une voix forte "essayez"
et qui semble ne prêter aucune attention à ce qu'elle fait...


Qui docile ou non, te laisse faire à ta guise,
le bain et les repas pour occuper la longue journée.


C'est ça que tu penses, c'est ça que tu vois ?


Alors ouvre les yeux, ce n'est pas moi.


Je vais te dire qui je suis, assise là, tranquille,
me déplaçant à ton ordre, mangeant quand tu le veux...
je suis la dernière des dix, avec un père, une mère;
des frères, des sœurs qui s'aiment entre eux...


Une jeune fille de seize ans, des ailes aux pieds,
rêvant que bientôt elle rencontrera un fiancé...


Déjà vingt ans, mon cœur bondit de joie
au souvenir des vœux que j'ai fait ce jour-là.


J'ai vingt-cinq ans maintenant et un enfant à moi,
qui a besoin de moi, pour lui construire une maison...


Une femme de trente ans, mon enfant grandit vite;
nous sommes liés l'un à l'autre par des liens qui dureront...


Quarante ans, bientôt il ne sera plus là, 
mais mon homme est à mes cotés et veille sur moi.


Cinquante ans, à nouveau jouent autour de moi des bébés.


Nous revoilà avec des enfants, moi et mon bien-aimé.
Voici les jours noirs, mon mari meurt.


Je regarde vers le futur en frémissant de peur
car mes enfants sont très occupés pour élever les leurs 
et je pense aux années et à l'amour que j'ai connus.


Je suis vieille maintenant et la vie est cruelle et
elle s'amuse à faire passer la vieille pour folle.


Mon corps s'en va.
Grâce et forme m'abandonnent.


Et il y a une pierre là où jadis il y avait un cœur.


Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure.


Le vieux cœur se gonfle sans relâche.
Je me souviens des joies et des peines.
Et à nouveau je revis ma vie et j’aime..
Je repense aux années trop courtes et trop vite passées
et accepte cette réalité implacable.


Alors, ouvre les yeux, toi qui me regarde et qui me soigne.


Ce n'est pas la vieille femme grincheuse que tu vois...


Regarde mieux et tu verras...

 

 

 

Texte écrit par une vieille dame terminant sa vie en "gériatrie".
Les soignants ont retrouvé cette lettre sous son oreiller après son décès...

mercredi 2 avril 2008

Patrick VERSPIEREN

Bibliographie de l'auteur

 


Patrick Verspieren, jésuite, est rédacteur à «Études».Patrick-Verspieren.png
Directeur du département d'Ethique Biomédicale des Facultés jésuites de Paris.
Département d’éthique biomédicale - Centre Sèvres. Paris


La loi Leonetti relative aux droits des malades et à la fin de vie : OBJECTIFS ET AMBIGUÏTES.

Cette communication a été faite au cours de la conférence-débat organisée par la Maison Médicale Jeanne Garnier le 17 mai 2005 à Paris à l’Espace Georges Bernanos, sur le thème : Ethique et fin de vie. Loi Leonetti :


  • 2004 La tentation de l'euthanasie. Repères éthiques et expériences soignantes , en collab. Marie-Sylvie Richard, Jacques Ricot, Desclée de Brouwer, Paris, 294 p. 1999

  • Face à celui qui meurt : euthanasie, acharnement thérapeutique, accompagnement, Desclée De Brouwer, Paris, 2ème édition, (1ère édition en 1987), 206p. 1988

  • Essor de la génétique et dignité humaine, Conseil permanent des évêques de France, Introduction par Mgr Louis-Marie Billé, Présentation par Patrick Verspieren, Bayard, Centurion et Cerf, Paris, 83 p. 1987

  • Le soin des malades en fin de vie : aspects éthiques, Centre Sèvres, Paris, 126 p. 1987

  • Biologie, médecine et éthique, textes du magistère catholique, réunis et présentés par Patrick Verspieren, Le Centurion, Paris-X, 500 p.

  • Malade et médecin, partenaires • études, janvier 2005, p. 27-38 P. VERSPIEREN

Vidéo conférence : cliquer sur le lien ci-dessous


Vidéo-conférence de Hervé Juvin, Patrick Verspieren et Gilles Bernheim,
sur le rapport de la société moderne à la mort et à la dépendance.



Philosophie et euthanasie par Jacques RICOT

Site Philosophie de l'Académie de Nantes

Auteur : Jacques RICOT


Introduction

Dans le débat public sur l'euthanasie, la philosophie est appelée à faire entendr

e sa voix en fonction du champ propre qui est le sien au cœur d'une société irréversiblement laïcisée. À la fois quête de sagesse et instance de problématisation, sa contribution devrait pouvoir se déployer d'une façon pluraliste et encourager dans les échanges entre citoyens, le respect des exigences rationnelles de la réflexion sur un sujet où il arrive que la passion interdise parfois aux convictions de subir sereinement l'épreuve de l'argumentation. La première précaution à prendre pour éviter les malentendus est de bien poser la définition de l'euthanasie. Nous utilisons ici celle proposée par Patrick Verspieren et qui est conforme à celle des juristes : « l'euthanasie consiste dans le fait de donner sciemment et volontairement la mort ; est euthanasique le geste ou l'omission qui provoque délibérément la mort du patient dans le but de mettre fin à ses souffrances ».

 

Table des matières

  1. L'euthanasie, un enjeu pour l'humanité
  1. L'interdit du meurtre
  1. L'euthanasie par respect de l'autonomie
  1. L'euthanasie par compassion
  1. Mourir dans la dignité


Article complet, cliquez sur le lien ci-dessous :

http://www.ac-nantes.fr:8080/peda/disc/philo/philosophie_et_euthanasie.htm#KLINK

Ce texte est désormais incorporé à un recueil d'articles publié sous le titre Philosophie et fin de vie


Biographie et ouvrages personnels de l’auteur :

http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/1206349129140/0/fiche___ressourcepedagogique/&RH=1160584417218


Jacques Ricot Professeur en classes préparatoires scientifiques au lycée Clemenceau de Nantes, chargé de cours il intervient également dans les formations des personnels soignants. Membre du bureau de l’association Philosophia.
Titres universitaires : Licences de philosophie, sociologie et lettres. D.E.A. de psychologie. Agrégation de philosophie.
Donne des conférences sur les questions philosophiques et particulièrement autour de la problématique du pardon, de l’inhumain, de la dignité, de la fin de vie et de la paix. de bioéthique au département de philosophie de l’Université de Nantes,

 


 

mardi 1 avril 2008

Glossaires thématiques

Glossaires thématiques

Retrouvez dans le glossaire Cap Retraite la définition des termes que vous pourrez rencontrer au cours de vos démarches. Nous avons, pour répondre à une exigence de clarté, divisé le glossaire en quatre parties thématiques : le glossaire aide sociale et financement, le glossaire juridique, le glossaire Grand âge et enfin, le glossaire sur les lieux de vie des personnes âgées.

  Tous les liens ci-dessous sont cliquable

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