mardi 28 avril 2009

Le sens du temps

Le sens du temps

Cette année à venir encore postérieure


Nous vient de derrière avec son pas feutré


Alors que l’an passé qui nous est antérieur


S’éloigne vers l’avant sous nos yeux étonnés



Si bien ancrés ici dans notre maintenant


Espérant retenir ce qui nous fut heureux


Nous aimerions garder chacun de nos présents


Jusqu’à nous parvenus du fleuve généreux



Sur le pont de l’instant où notre cœur palpite


Retenir près de nous ou bien laisser filer


N’est qu’un choix inutile à celui qui habite


Tout depuis la source jusqu’à l’extrémité



Dans sa continuité libre de toutes failles


L’incroyable étendue de notre propre temps


Nous offre l’unité partout où que l’on aille


Juste pour exister ici entièrement



Pour aller de l’avant, suivrais-je l’antérieur


Propulsé par le temps du futur postérieur ?


Ou par un demi-tour devrais-je me risquer


A temporellement me désorienter ?



Il y a juste à habiter

Thierry TOURNEBISE      01/01/2009
(Hommage à Henri Bergson pour qui le temps était continuité)
http://www.maieusthesie.com

lundi 20 avril 2009

Statistiques sur la maladie d’Alzheimer

Le vieillissement de la population s’accélère depuis les années 80.

1/3 de la population française devrait être âgé de plus de 60 ans d’ici 2040, soit plus de 20 millions de personnes.

L’espérance de vie en France en 2006 des femmes est de 84 ans pour les femmes et de 77,1 ans pour les hommes.
Au cours de ces dix dernières années, les hommes ont gagné 3.1 ans et les femmes 2.1 ans.

Le nombre des personnes âgées de plus de 80 ans, celles qui risquent d’être les plus dépendantes, augmente ainsi chaque année.
(Sources : DREES. L’état de santé de la population en France. Etudes et résultats n°623, février2008)

Les statistiques de la maladie d’Alzheimer
La maladie d'Alzheimer touche 5% de la population âgée de plus de 65 ans

    * 860 000 personnes concernées en France en 2007
    * 5% de la population âgée de plus de 65 ans et 15 % des plus de 85 ans est touchée par la maladie
    * 1,3 million de Français, soit une personne de plus de 65 ans sur quatre, pourraient être atteint en 2020 (sources Insee)
    * 50 % des malades ont des troubles du comportement alimentaire
    * 30 à 40% des malades perdent du poids avant l’apparition des premières manifestations.
    * Plus de 4 millions de malades touchés aux Etats Unis
    * 160 000 nouveaux malades par an en France
    * 20 000 personnes ont moins de 65 ans
    * 25 millions de personnes touchées dans le monde
    * 4 è cause de mortalité en France
    * 50% des personnes de plus de 50 ans présentent des troubles de la mémoire
    * Le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans était de 12 millions en France en 2006 et sera de Plus de 22 millions en 2050, soit plus du tiers de la population (Sources Insee)
    * Les Femmes sont trois fois plus touchées que les hommes
    * 32000 personnes plus jeunes, de moins de 60 ans, sont touchées

Une fréquence qui augmente avec l'âge

    * Sa fréquence augmente avec l’âge : 5 % des personnes âgées de 65 ans en sont atteintes et 20 % des personnes de 80 ans).
    * Après 75 ans, la démence est au premier plan des problèmes de santé mentale : 800 000 personnes, soit 18 % des personnes de cet âge, en serait atteintes. (Sources Inserm)
    * Une personne de plus de 80 ans sur 10 vivant à domicile et plus d'une sur 3 vivant en institution souffre de perte des acquis intellectuels, de troubles de la mémoire ou de désorientation temporo-spatiale( sources Inserm)
    * Le nombre de malades double tous les 3 ans
    * La survie est de 8 à 10 ans environ après le diagnostic de la maladie.
    * Un malade sur deux est diagnostiqué comme atteint de la maladie d’Alzheimer par son médecin généraliste.
    * 25% des malades diagnostiqués présentent une forme sévère de la maladie et 66% une forme légère
    * Une enquête européenne a montré que le délai moyen s’écoulant entre les premiers symptômes et le diagnostic était de 24 mois en France, soit le délai le plus long après la Grande-Bretagne, alors que le diagnostic est établi plus tôt en Allemagne, Italie, Espagne et Pologne.

3 millions de personnes concernées

    * 3 millions de personnes en France sont concernées directement ou indirectement( malades et entourage) par la maladie d’Alzheimer.
    * Selon une étude américaine, le nombre de malades sera X 4 en 2050:Le nombre de malades dans le monde pourrait passer de 24 millions actuellement à 42 millions en 2020 et 81 millions en 2040.

Une maladie qui n'est pas suffisamment diagnostiquée
La maladie d’Alzheimer n’est diagnostiquée en France que chez 50 % des patients atteints.


Maladie de Parkinson

Deuxième maladie neurodégénérative après la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson.
Les services de neurologie des hôpitaux au niveau national enregistrent chaque année de nouveaux cas âgés entre 40 et 70 ans. 6,5 millions de personnes dans le monde souffrent de cette maladie.

dimanche 19 avril 2009

Sur l’insuffisance du temps consacré à l’écoute du patient par J-J PUJO

  Bien sûr, on peut être en colère quand on est auprès d’un parent malade et que l’on s’aperçoit que le personnel soignant ne fait que passer pour les soins, changer une couche ou apporter le plateau-repas, jamais ou presque pour parler et surtout pour écouter le malade, ce qu’il ressent face à son devenir, etc.… Et pourtant ce n’est pas l’envie qui manque à ces soignants mais le temps. Le personnel se débrouille comme il peut pour ''boucler'' le boulot.

À qui la faute ? Il faut savoir que le personnel n’a pas le temps de s’appesantir sur la souffrance morale du patient, il a d’autres tâches à accomplir, par exemple le nettoyage d’une chambre après le décès d’un malade; on pourrait penser que cela incombe à un service spécialisé de l’hôpital, et bien non, c’est le personnel soignant de l’unité qui doit s’en charger : une grosse machine pour nettoyer les sols, le reste à la main, à quatre personnes, cela dure près de deux heures.
Et pendant ce temps, qui s’occupe des malades ? Le reste du personnel est déjà surbooké, donc toujours pas le temps. Et je ne vous parle pas de la nuit !

Il reste le psychologue du service, quand il y en a un, c’est là aussi une question de budget.
(Les trois quarts des psychologues travaillent dans les hôpitaux psychiatriques où ils s’occupent des malades mentaux. Un petit nombre travaille dans les hôpitaux généraux).
A ce sujet, lire le mémoire : Le psychologue face à la situation de crise en service

Il reste les accompagnants bénévoles qui font un travail remarquable mais ne sont pas utilisés comme ils pourraient l’être : peu ou pas de demande de la part des structures hospitalières ou des maisons de retraite, ce serait pourtant une bonne solution pour permettre l’écoute des patients afin de rompre leur solitude.

Ce manque de temps est dû essentiellement au manque de personnel, l’hôpital est géré comme une entreprise, budget à respecter, embauche minimum, personnel en arrêt maladie pour cause de fatigue excessive, de stress, etc.

Dans un service, il est très rare que le personnel soit au complet, les chefs de service en savent quelque chose et passent une partie de leur temps à jongler avec les plannings afin d’essayer de combler les trous des absences.

Bref, le sacro-saint planning des infirmières et aides-soignantes, en mouvement perpétuel reste la plaie vive des hôpitaux, chacun sait que les besoins augmentent et que les budgets sont totalement figés.

Alors vous dirons les soignants, "il faut se blinder, ne pas s’attacher aux malades, ce qui n’enlève pas les sentiments que l’on éprouve pour certains, mais en général on ne le montre pas, ou peu, pas de temps à perdre, seul le geste technique compte car d’autres lampes s’allument, il faut y aller ";
quant au patient qui est près de la fin, si la famille n’est pas présente (ce qui dans l’idéal devrait être le cas), et bien il reste seul, le personnel passant de temps en temps voir ''si tout va bien''.

Pour rappel : Une étude menée en long séjour (CEC 1983 à 1985), en laissant des magnétophones à déclenchement vocal dans les chambres des patients. 120 secondes de communications verbales soignant- patient par 24 heures en moyenne, certaines bandes restant vierge de tout mot, pour des patients n'extériorisant rien, ou ne paraissant rien comprendre! (Étude réalisée en respectant les normes d'éthique et de confidentialité).

Cela suffit souvent à permettre au patient de ne pas s'enfoncer dans un syndrome d'immobilisme toujours iatrogène, c'est à dire fabriqué par l'institution. (Rappelons que ce syndrome d'immobilisme conduit le patient âgé à la grabatisation, avec blocage des articulations et plaintes continuelles ou mutisme. Il représente en fait une sorte de suicide à petit feu pour cause de malheur immense.)

Ce qui ressort de mon écrit, c'est le mot TEMPS. Tout est là.

Et l'amour, la compassion dans tout cela ?

La réponse est : quand on aura le temps !

Jean-Jacques PUJO

Accompagnant bénévole
 

Voir le site d’Anne SOLIVERE : Carnet d'une infirmière de nuit. Prendre la parole pour s'indigner ou apaiser.

 

Voir ci-dessous un forum traitant du même sujet :
http://www.soignants.com/sn/newbb/viewtopic.php?topic_id=1587&start=0