samedi 20 août 2011

Lettre du "Collectif Plus digne la vie" par Emmanuel Hirsch

Madame, Monsieur

Voilà qu'en plein août, l'actualité sollicite plus que jamais nos réactions à propos des pratiques d'euthanasie à l'hôpital de Bayonne.
S'il ne nous appartient pas de nous prononcer sur les circonstances particulières en cours d'instruction, s'impose à nous une mobilisation rapide qui devra se poursuivre dans les prochains mois. En effet, vous le constatez, les propagandistes d'une dépénalisation de l'euthanasie ont su rapidement reprendre leurs positions dans un contexte estival favorable aux stratégies organisées.

Il nous convient de reprendre place dans le contexte des controverses qui ne manqueront pas de s'amplifier à l'approche des présidentielles : j'ai le sentiment que plus qu'en janvier 2011 (vote au Sénat) nos capacités de mobilisation s'avèreront déterminantes.
Au nom du Collectif Plus Digne la vie, je me permets de vous inciter à signer le manifeste en ligne sur notre nouveau site et de diffuser l'information le plus largement possible.
Dans les prochaines semaines nous prendront des initiatives. Elles seront d'autant plus fortes et significatives que nous aurons pu nous retrouver dans le cadre d'une prise en position de grande ampleur.
Sensible à votre confiance, je vous prie d'être assurés de nos sentiments les meilleurs.

Emmanuel Hirsch,
Président du Collectif Plus Digne la Vie

Signer le manifeste à l'occasion de cette nouvelle mobilisation


A lire aussi l'article paru dans : http://plusdignelavie.com/

"Il y a trahison à la vocation du médecin de confondre l'acte de sollicitude avec le geste du meurtre"

Par Emmanuel Hirsch,

Président du Collectif Plus Digne la Vie, professeur d’éthique médicale, université Paris-Sud 11, Auteur de Apprendre à mourir, éditions Grasset

Mise à mort médicalisée par compassion 

C’est désormais à Bayonne qu’est relancée la controverse sur la dépénalisation de l’euthanasie. Au cœur d’un établissement hospitalier, à la suite de la décision non concertée d’un médecin de mettre un terme à l’existence de personnes malades confiées à ses soins. Selon un dispositif et des stratégies minutieusement élaborées à travers les années, se remettent en place, comme dans une pièce de théâtre hâtivement ressortie des cartons, les protagonistes d’une mauvaise comédie qui reprennent leurs postures convenues en quête d’une audience qu’ils viennent quérir faisant feu de tous les artifices dont ils se sont faits un métier. Voilà que nous reviennent les pieuses litanies, les vertueuses admonestations, les savantes dissertations, parfois même les mises en cause personnelles déclinant sur le registre de la dignité à reconquérir les grandeurs d’une liberté portée au degré supérieur de la justification du meurtre par compassion. Voilà que nous sont à nouveau imposées ces condamnations sommaires, ces révocations à travers une contestation idéologique péremptoire de ceux qui s’emploient encore à ne pas renoncer ou du moins à penser autrement l’urgence de nos responsabilités. Dans la déroute de la maladie incurable, il est en effet d’autres approches de la sollicitude et de la compréhension que l’agitation d’un débat public simplificateur et les manipulations démagogiques visant à forcer la légitimation de la mise à mort médicalisée des personnes à ce point contestées dans leur dignité et dans leurs droits qu’on leur concède, comme ultime privilège, celui d’une mise à mort planifiée ou alors improvisée, selon « le bon plaisir » d’un médecin.

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