dimanche 4 mars 2012

"1001 vies en soins palliatifs" par le Dr Claire Fourcade

Présentation de l'éditeur

"Depuis quelques années, je passe au tamis de l'écriture l'or des rencontres qu'il m'est donné de faire. Chaque soir, je laisse sédimenter l'agitation de la journée... Choisir en toute subjectivité le visage dont je garderai la trace. Ecrire aussi pour chacun de ceux avec qui je fais équipe. Tant de richesses et tant de peines, de souffrance et de plaisir, de mort mais surtout de vie, dans ce travail et ces instants partagés."

Biographie de l'auteur

Claire Fourcade, médecin, travaille dans une équipe mobile de soins palliatifs dans la région de1001-vies.jpg Narbonne. Cette équipe prend en charge plus de trois cents nouveaux patients par an, dont la moyenne d'âge se situe autour de 65 ans, pour une durée qui peut aller de quelques heures à plusieurs années.

Commentaire :

Servi par un talent d’écrivain certain, ce petit livre nous parle, sans aucune mièvrerie larmoyante, de la vie, mais aussi de l’amour et de la joie qui peuvent s’éprouver au cœur même de la souffrance, dans la proximité de la mort. L’écriture incisive et légère, qui n’est pas sans rappeler parfois le style de Pierre Desproges, d’ailleurs cité par l’auteur, n’empêche pas la tendresse du regard. Cette légèreté n’est jamais dérision, elle témoigne de la profondeur d’une écoute, par avance, en position d’« accueil ». A travers des récits ordinaires et vivants qui évoquent des moments de rencontre (et aussi de non-rencontre), Claire Fourcade parle de « nous ». 

Un beau livre. Une succession de courts portraits de soignants, de patients ou de proches de patients. L'auteur brosse ses portraits avec tendresse et lucidité, et toujours beaucoup de respect. Ce petit livre est un concentré d'humanité et d'espérance malgré le sujet qui est très grave et pas facile à aborder.

Lecture à recommander !

Détails sur le produit

• Broché: 238 pages

• Editeur : Bayard Jeunesse (5 janvier 2012)

• Collection : Christus

• Langue : Français

• ISBN-10: 2227482532

• ISBN-13: 978-2227482531


 

 

L'ACTU AUTREMENT

 

Claire Fourcade : "L’euthanasie doit rester hors la loi"

Depuis douze ans, Claire Fourcade, médecin, sillonne l'Aude avec une équipe mobile de soins palliatifs. Dans "1 001 vies en soins palliatifs" (éd. Bayard) elle raconte ses rencontres. Un vibrant plaidoyer coClaire-Fourcade.jpgntre l'euthanasie.

Pèlerin : Le candidat PS à l’élection présidentielle, François Hollande, propose de légaliser "une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité" ( proposition n°21). En tant que médecin en soins palliatifs, qu’en pensez-vous ?  

Claire Fourcade :  Je sais que certains candidats prônent une légalisation de l'aide à mourir, autrement dit l'euthanasie. Je n'aimerais pas que cela arrive. La fin de vie est encadrée par la loi Leonetti qui, à mon sens, est adaptée aux situations que nous vivons. Tous les soignants ne connaissent pas encore toutes les possibilités qu'offre ce texte. 

Pouvez-vous nous rappeler le principe de la loi Leonetti ?  

Elle permet aux patients de décider d'arrêter tous leurs traitements. Jusqu'à, parfois, interrompre l'alimentation et l'hydratation. Les équipes médicales sont obligées d'accéder à cette demande, même si elle les confronte à des questions et à des débats compliqués.

En outre, le malade peut choisir une personne de confiance qui, en cas de besoin, prendra des décisions à sa place.

Enfin, la loi laisse la possibilité d'administrer des calmants pour améliorer le confort du patient, au risque d'abréger son existence. Tout cela nous oblige à être encore plus présents pour soulager les malades. De fait, nous, soignants, nous nous appuyons en permanence sur cette loi

Certaines personnes vous ont-elles déjà demandé de les aider à mourir ?  

Une seule fois, en douze ans de soins palliatifs, j'ai accompagné un patient me le demandant de façon répétée. Je l'ai écouté, puis j'ai passé avec lui un contrat : "On se donne quinze jours pour essayer de diminuer la douleur, pour y réfléchir, et on en reparle." Je me suis mise à gamberger : "Que faire s'il veut vraiment que je l'aide ?" Il est mort sans m'en avoir reparlé et semblait apaisé d'avoir été entendu.

Une autre fois, j'ai accompagné une femme inconsciente dans une longue agonie. Elle et son mari étaient adhérents d'une association pro-euthanasie. À aucun moment, il n'a suggéré qu'on raccourcisse le temps qu'elle prenait pour mourir. C'était peut-être le temps qu'il lui fallait pour accepter de la perdre... 

Comment expliquez-vous que les sondages laissent penser que les Français sont favorables à l’euthanasie ?  

Les sondages simplifient la question. On a l'impression que le débat se résume à : "Préférez-vous mourir sans douleur et vite ?" - proposition des partisans de l'euthanasie - contre "Préférez-vous mourir lentement et dans des circonstances affreuses ?" - qui serait l'argument des défenseurs des soins palliatifs.

Ce débat n'est jamais le reflet de nos soucis de soignants ni du quotidien des malades. C'est une discussion de gens en bonne santé ! Les malades, eux, espèrent jusqu'à la fin. 

Source : Le Pelerin

Photo : Alain Tendero

 

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