dimanche 19 août 2012

Enquête multicentrique sur la demande de mort anticipé ou "DeMA" en France

 

Évolution des demandes de mort anticipées exprimées
auprès des équipes de soins palliatifs en France.
Enquête multicentrique sur la demande de mort anticipé ou "DeMA"

 

Définition de la DeMA :

 Demande explicite du patient à un professionnel de santé du service où il est hospitalisé, d’une aide pour une mort anticipée ;

- Souhait explicite du patient de ne plus vivre parce qu'il considère cette modalité de vie comme insupportable, et/ou que sa vie a été accomplie et/ou que sa vie est arrivée à son terme ;

 Souhait anticipé du patient exprimé directement ou au travers de directives, afin qu'on l'aide à mourir en cas d’aggravation et/ou s'il n'a plus la volonté de vivre ;

 Demande exprimée par un proche ou un parent afin que le patient reçoive une aide pour mourir parce qu'il a ou avait évoqué la situation qui prévaut actuellement et souhaitait qu'on ne prolonge pas sa vie dans de telles conditions.

Introduction

En France, le débat sur la question de l’euthanasie ou du suicide médicalement assisté reste limité par des positions très idéologiques entretenues par la pauvreté des données épidémiologiques disponibles.

Patients et méthodes

Une enquête sur les demandes de mort anticipées (DeMA) exprimées aux équipes de soins palliatifs durant l’année 2010 a été proposée à 789 structures françaises. Les données recueillies concernaient : l’origine de la DeMA (patient, proches, soignants), les caractéristiques générales des patients concernés, le contexte médical, psychique et social dans lequel s’exprimait la DeMA, les symptômes, le type de prise en charge palliative spécifique, l’évolution du patient, l’évolution de la DeMA et l’interprétation rétrospective par l’équipe de la signification de la DeMA.

Résultats

La majorité des services sollicités a participé (60 %) et 352 équipes ont décrit 783 cas de DeMA, 476 exprimées par les patients, 258 par les proches et 49 par le personnel soignant. 

La pathologie somatique la plus fréquente était le cancer (72 %) ; 69 % des patients étaient en phase terminale. 

Peu de patients présentaient une douleur non contrôlée (3,7 %) ; les symptômes les plus fréquents étaient des difficultés d’alimentation (65 %), de motricité (54 %), d’élimination (49 %) ou une cachexie (39 %) ; 31 % des patients étaient considérés comme anxio-dépressifs ; 79 % des DeMA n’avaient pas pour motif, un symptôme particulier ; 37 % des DeMA ont persisté tout au long de l’évolution bien qu’un suivi spécifique régulier par une équipe de soins palliatifs ait concerné 83 % de l’ensemble des patients ; 24 % des demandes ont fluctué ; 68 % des patients concernés sont décédés dans le mois suivant la DeMA. 

L’interprétation donnée à la DeMA par l’équipe a été une demande de soulagement pour 69 %, une situation inextricable pour 44 % ; un souhait de ne plus vivre pour 36 % et une demande d’aide pour mourir pour 30 % des cas.

Conclusion

Le grand nombre de cas décrits de DeMA apporte pour la première fois en France des données permettant d’approcher le contexte, l’évolution du patient et de la DeMA dans un pays où l’euthanasie n’est pas légalisée. Indépendamment de l’origine des DeMA, celles-ci restent fréquemment maintenues malgré une prise en charge spécifique en soins palliatifs, qui avait permis de soulager le patient de ses symptômes.

Source : http://www.em-consulte.com/article/731133/article/evolution-des-demandes-de-mort-anticipees-exprimee


Je vous invite à lire les commentaires d'Emmanuel Hirsch sur cette enquête
à cette adresse : 
http://plusdignelavie.com/?p=1264 

Emmanuel Hirsch est Président du Collectif Plus Digne la Vie, professeur d’éthique médicale, université Paris-Sud 11, Auteur de Apprendre à mourir, éditions Grasset

Mise au point éthique autour de la fin de vie, de l'euthanasie
et du suicide assisté par la SFAR
(Société française d’anesthésie et de réanimation).

Dans le cadre du débat autour de la fin de vie, le comité éthique de la SFAR (Société française d’anesthésie et de réanimation) propose une mise en perspective des concepts d’euthanasie et de suicide assisté à partir d’une analyse de la littérature médicale et de l’expérience des pays qui ont légiféré sur ces sujets.

La prise en charge de la fin de vie constitue un enjeu sociétal crucial auquel le législateur a répondu par la loi du 22 avril 2005. Néanmoins, un débat émerge de la société civile sur l’opportunité de dépénaliser/légaliser l’euthanasie et/ou le suicide assisté (E/SA).
Cette question interroge directement les médecins, en particulier les anesthésistes/réanimateurs.

Consulter le dossier : Fin de vie, euthanasie et suicide assisté : une mise au point de la Société française d’anesthésie et de réanimation (Sfar)

Source : http://plusdignelavie.com/?p=2117


4 commentaires:


  1. Salut.


    Autant le dire directement, je suis totalement contre l’euthanasie. Je comprends que certaines personnes aient envie d’arrêter de souffrir, mais quand on reçoit une vie, nous
    devons apprendre à la vivre jusqu’à qu’on nous la reprenne.


    Au revoir.

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  2. Etre contre quand on est en bonne santé c’est une chose, mais quelle serait votre réaction si vous étiez en grande souffrance physique malgré les antalgiques, morphine par exemple. Le dire est
    une chose, mais le vivre ?


    JJP



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  3. je suis toujours éffrayée qu'un religieux veuille m'imposer sa loi ,ma conscience n'est pas inférieure à la sienne .Je suis mangée par des métastastes osseuses qui me font pleurer de douleur
    malgré la morphine depuis 3 ans  ,et si j'ai raté une première tentative de suicide (faute de connaissances médicales ) j'ai bien l intention de récidiver ,mon corps  n'appartient ni
    aux médecins ni aux curés (j'imagine que ce monsieur a aussi son idée sur ce que doit être ma sexualité )

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  4. D'où la nécessitée de faire évoluer cette loi, en particulier pour les cas difficiles, mais ma question est : dans votre cas, êtes-vous bien accompagné, je veux dire moralement ?



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