mercredi 1 août 2012

Les rites funéraires en France

Introduction

Les changements sociologiques majeurs tels que, l'urbanisation, la recomposition et l'éclatement géographique des familles, le triomphe de l'individualisme et du matérialisme mais aussi le fait que la société soit plus technique, hygiéniste, moins religieuse et qu'elle ne croit plus à l'échange symbolique avec ses morts, font que les rites sociaux traditionnels ont tendance à diminuer voire disparaître.

Mais si l'on cherche, comme en France, à dédramatiser la mort, à en faire une affaire privée et à personnaliser le deuil il n'y a pas pour autant de nouveaux rites mais des rites modifiés et de nouvelles pratiques.

Or, ces pratiques, générées notamment par la crémation des défunts, qui évoluent vers un "petit sacré personnel", et ses drames que l'on consommerait en solitaire, peuvent entraîner des deuils pathologiques, car lorsque les rites ne fonctionnent pas les morts reviennent tourmenter les vivants 

 

Les rites funéraires

Qu'est-ce qu'un rite

"Un rite, c'est un ensemble d'actes et de signes matériels à haute teneur symbolique, marquant à la fois l'expérience d'un changement perçu comme mystérieux, sinon menaçant pour l'existence et appelant le dépassement". Tiré de :  Anthropologie du temps et rite dans la mire de la mort de  Luce des AULNIERS (Directrice de la Revue Frontières).

Les rites révélateurs des valeurs et croyances essentielles d'un groupe social ou culturel, médiatisent au niveau de l'individu et de son groupe d'appartenance, les différents événements de la vie. Pour cela, fonctionnant tous sur le même principe, ils assurent trois fonctions, celle d'indiquer que l'on quitte un groupe pour un autre, de marquer ce temps de passage et de permettre de canaliser, voire masquer ses émotions.

S'articulant entre le collectif et l'individuel, les rites peuvent donc se concevoir comme donnant un sens collectif aux événements individuels. 

Les rites funéraires et leurs fonctions

Les rites funéraires, parade à l'angoisse et à l'isolement sont une production collective qui amène l'individu à partager une même conception de la mort. ils permettent de contrôler les forces qui menacent une collectivité.

Ils possèdent une dimension symbolique, générée par une culture capable de s'approprier la mort, de l'intégrer à la vie sociale et personnelle, et une dimension initiatique pour celui qui les vit.

Ils ont une fonction thérapeutique et éducative : thérapeutique car en soulignant la réalité de la disparition, ils empêchent de nier la mort et aident même à la penser et en permettant la dramatisation, ponctuelle, des sentiments individuels, ils évitent pour l'individu et la société tout débordement ultérieur. Educative car ils inculquent des valeurs à la société.

Ils donnent un rôle à chacun, et font agir, d'abord pour retenir puis pour autoriser la coupure avec le corps, devenu autre, et permettre ainsi au souvenir d'exister.

Avec eux, il s'agira alors autant de régler le devenir du mort et de permettre son souvenir que de maîtriser symboliquement les effets angoissants et destructeurs de la perte et de la mort.

Enfin, ils proposent une signification religieuse à la mort elle-même comme passage à l'au-delà.


 

Les différentes cérémonies funéraires en fonction des religions

 Religion chrétienne

Confession catholique :

Bénédiction, messe : environ 10% des dépenses faites au civil.

Deuil et rites catholiques
La toilette "rituelle" n'existe pas chez les catholiques.
 Une veillée funéraire au domicile du défunt ou une résidence de famille est parfois choisie après avoir été délaissée ces dernières années. Cette veillée est plus présente en milieu rural, ou lorsqu'il s'agit de l'enterrement d'un prêtre ou d'un diacre. Elle se décide toujours à l'initiative soit de la famille, soit de l'entourage, du quartier ou des amis.


Rien n'est imposé pour le cercueil. Un croix peut être ajoutée. 
La préparation de la célébration religieuse se fait quelquefois au presbytère mais aussi souvent au domicile familial, par le prêtre, par des chrétiens intervenant dans la célébration, ou la réalisant entièrement seuls.

La famille fait ainsi le choix des lectures, des chants, de la prière et de la musique. 
La descente dans le caveau est accompagnée d'un bénédiction mais le clergé ne se déplace plus que rarement dans les cimetières. 
Le catholicisme accorde une nette préférence pour l'ensevelissement à des obsèques avec crémation (tolérée depuis 1963).

Un service religieux n'est généralement pas admis, sauf accord de l'évêque, devant une urne cinéraire. Cependant, des prêtres l'acceptent car le rituel prévoit de célébrer "le corps absent".

Coutume reconnue pour les invités : envoi de fleurs, cartes de condoléances, don ou offrande lors de la cérémonie religieuse.

  Diocèse de Paris  8, rue de la Ville-L'Evêque 75008 Paris  Tél. : 01 49 24 11 62
  Site de l'Eglise Catholique en France (cliquer)


 

Confession protestante : 

Deuil et rites protestants
Pas de toilette "rituelle" chez les protestants.
Pas de veillée funéraire.
Le cercueil peut être équipé d'une croix simple, le corps repose sur le dos, les mains jointes sur la poitrine.
La cérémonie religieuse à lieu au temple avec ou sans la présence du corps.


La famille fait le choix des lectures, des chants et de la musique.
Accompagnement du pasteur soit au crématorium (crémation autorisée depuis 1898) soit au cimetière (les personnes présentes jettent de la terre sur le cercueil après son inhumation).

Coutume reconnue pour les invités : envoi de fleurs, carte de condoléances, don à une œuvre de charité.

  Fédération Protestante de France  47, rue de Clichy 75311 Paris cedex 09  Tél. : 01 44 53 47 00
  Site de la Fédération Protestante de France (cliquer)

  Eglise réformée de France  7 impasse Curé 75018 Paris  Tél. : 01 40 34 53 05
  Eglise évangélique luthérienne de France  16 rue Chauchat 75009 Paris  Tél. : 01 44 79 04 73
  
Fédération des églises évangéliques baptistes  47 rue de Clichy 75009 Paris  Tél. : 01 53 20 15 40
  Union des églises évangéliques libres  3 rue Germain Dardan 92120 Montrouge  Tél. : 01 46 57 38 09


                   

Confession orthodoxe

Des bougies sont allumées.
 Toilette et habillage du défunt, une icône du Christ ou une croix est placée entre ses mains croisées. 


Le corps peut être installé en direction de l'orient (venue du Christ ressuscité). 


Les rites funéraires et la messe sont célébrés à l'intérieur de l'église.

Eglise orthodoxe de France  26 rue Friant Villa Notre Dame 75014 Paris  Tél. : 01 45 42 44 12
  

Métropole grec-orthodoxe de France  7 rue Georges Bizet 75116 Paris  Tél. : 01 47 20 82 35
  

 Patriarcat œcuménique Cathédrale Saint-Alexandre Nevsky  12 rue Daru 75008 Paris  Tél. : 01 42 27 37 34


Patriarcat de Moscou  26 rue Peclet 75015  Tél. : 01 48 28 99 90
  

Patriarcat de Roumanie  1 boulevard du Général Leclerc 91470 Limours  Tél. : 01 64 91 59 24
  

Patriarcat de Serbie  30 rue Simplon 75018 Paris  Tél. : 01 42 52 99 90


 
Religion islamique

Deuil et rites musulmans


La toilette purificatrice est effectuée suivant un rite très précis. Après avoir placé le corps dont la tête est dirigée vers la Mecque, le corps est lavé plusieurs fois, puis essuyé avant d'être enveloppé dans des pièces de tissus blanc. 
Les membres supérieurs sont placés soit le long du corps, paumes tournées vers le haut, soit croisés sur la poitrine.


Des "sourates" du Coran sont récitées lors de la veillée du corps.
 Le cercueil est très simple (présence non indispensable d'un capiton) avec parfois l'emblème du croissant islamique.

Le corps, dans un délai maximum de 48 heures, est mis en bière sur le coté pour faire face à La Mecque si celui-ci est inhumé dans un "carré musulman" (aménagement présent dans un nombre limité de cimetières).
Il n'est pas dans la coutume d'envoyer des fleurs.


Une cérémonie et le passage du défunt à la mosquée n'est pas une obligation. 
Généralement les hommes sont présents lors de l'inhumation du cercueil en pleine terre et jettent quelques pelletées de terre, les femmes et les enfants s'éloignent ou quittent le cimetière. La prière funéraire est faite par l'imam.
 Durant les trois premiers jours la famille reçoit les condoléances, des prières sont récitées. L'ensemble de la communauté soutient la famille et prépare les repas. Le troisième et le quatrième jour sont dédiés à la  prière.


L'injection de produit formolé (thanatopraxie, soins somatiques ou de conservation) n'est pas autorisée, sauf rapatriement vers certains pays. 
La crémation est interdite.
 
Coutume reconnue pour les invités : envoi de fleurs, carte de condoléances.

  Institut Musulman de la Grande Mosquée  2, place du Puits de l'Ermite 75005 Paris  Tél. : 01 45 35 97 33
  Site de la Grande Mosquée de Paris (cliquer)


  Religion juive

Deuil et rites juifs


Un membre de la Hevra Kadicha (confrérie du dernier devoir) exécute la Tahara (toilette purificatrice), organise les prières et conseille les familles sur leurs obligations et leurs devoirs.
 Des psaumes sont récités durant les différentes étapes de la toilette. Le corps est entièrement entouré d'une étoffe blanche. Les soins de conservation sont interdits sauf lors d'un rapatriement en Israël.


Une veillée réunit la famille qui lit des prières.
Dans les premières 24 heures, la mise en bière est effectuée dans un cercueil simple (éventuelle présence d'une étoile de David). La tête du défunt repose sur un petit sac contenant de la terre d'Israël. Cette même terre est aussi répandue sur le défunt.


Le convoi funéraire peut passer sans s'arrêter devant la synagogue, avant de se diriger vers le cimetière.
Les invités doivent attendre la formation du convoi à l'entrée du cimetière.
 Il n'est pas dans la coutume d'envoyer des fleurs.


Un rabbin est chargé de l'oraison funèbre et de la lecture de la prière des morts devant le cercueil. Les personnes qui assistent à l'inhumation jettent 3 pelletées de terre. Lavage des mains sans les essuyer et déchirure symbolique d'un vêtement avant de quitter le cimetière.


Les étapes du deuil :
  

- Les 7 premiers jours : période marquée par les visites de la communauté et imposant de nombreux interdits.
  

- Après 30 jours : levée du deuil.
  

- Durant un an : récitation de la prière des morts et allumage d'une lumière (rite repris à cette même date et chaque année). 
La conservation par formolisation n'est pas imposée pour un retour de la dépouille en Israël si le transfert et l'inhumation ont lieu dans les 48 heures suivant le décès (cliquer)

La crémation est interdite. En conséquence, il n'y a pas de purification rituelle, ni d'envoi de rabbin, dans ce cas de figure.

Coutume reconnue pour les invités : pas d'envoi de fleurs, don à un organisme connu de la famille.

Association Consistoriale Israélite de Paris  17, rue Saint Georges 75009 Paris  Tél. : 01 40 82 26 26
  

Service des décès Hévra Kadicha : 01 40 82 26 90 (heures de bureau).

Autres horaires : 06 09 21 15 04
  Site du Consistoire Israélite de Paris (cliquer)


 

Bouddhisme

Plusieurs types de cérémonies sont possibles.

Le corps est placé sur le coté droit, la main droite au niveau du menton, la main gauche sur la cuisse gauche.

Lecture auprès du défunt du Livre des Morts Tibétains.

Pas d'acte de conservation du corps, obsèques avec crémation ou inhumation

Coutume reconnue pour les invités : offrandes au bonze puis à la famille.

Union bouddhiste de France  BP 240 Etoile  75770 Paris Cedex 16  Tél. : 01 42 77 86 1 7

  Site de l'Union bouddhiste de France (cliquer)

Association Française d'Information Funéraire

infos@afif.asso.fr


 

A lire aussi les fiches du dossier provenant du site Alloleciel.fr 

Les différentes cérémonies funéraires 

La cérémonie civile

Il n’y a pas d’obligations de rites et de cérémonies funéraires civiles. Autrefois, dans les villages, on avait établi un certain protocole: Veillée du défunt par la famille et les amis Visite au domicile du défunt Suivi du…

Les cérémonies religieuses : catholiques et protestants

Les obsèques des catholiques et des protestants ont des rites à peu près identiques. Dès l’arrivée du convoi à l’église, les membres de la famille, guidés par le maître de cérémonie sont invités… 

La cérémonie juive

Les cérémonies et les traditions juives varient selon les communautés établies dans les différentes régions du monde. Les commandements de la Thora sont à l’origine des rites et des cérémonies juives. Pour les juifs, la vie…

La cérémonie musulmane

80% des musulmans décédés en France seraient rapatriés dans leur pays d’origine pour être enterrés dans un cimetière musulman comme c’est la règle dans l’Islam. Dans le Coran rien n'est écrit sur… 

La cérémonie boudhiste

La mort est l’entrée dans le Nirvana (paix) ou l’Eveil. Bouddha enseigna par la méditation comment accompagner les personnes en fin de vie, comment aider les mourants et les morts que ce soient des humains ou des animaux, comment se préparer soi-même…


 

Les rites funéraires dans le monde vue sur Wikipédia 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rite_funeraire


Voir aussi sur le site obseques-liberte.com

Les rites funéraires et les religions


      L'Islam

Les Chams

Le Christianisme

L'Hindouisme

L'Hindouisme aux Antilles

Le Judaïsme

L'Église Réformée de l'Étoile à Paris

Les rites du passage de vie à trépas


 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire