jeudi 6 septembre 2012

Les soins palliatifs peu accessibles dans les pays pauvres

LE MONDE | 24.08.2012 à 16h41 • Mis à jour le 24.08.2012 à 16h45
Par Paul Benkimoun

 

Des dizaines de millions de personnes à travers le monde n'ont pas accès aux médicaments contre la douleur. Cela en raison de l'indifférence des autorités à l'égard de ce problème, ou du fait de restrictions légales et administratives à l'emploi des antalgiques majeurs comme les opiacés.

 

Dans un rapport publié en juin 2011, l'organisation Human Rights Watch (HRW) rappelait que "60 % des personnes qui meurent chaque année dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, soit le chiffre impressionnant de 33 millions de personnes, ont besoin de soins palliatifs". L'ONG a calculé que "plus de 3,5 millions de personnes atteintes d'un cancer ou d'un sida au stade terminal, meurent chaque année sans traitement antalgique adéquat".

 

L'une des explications est la convention unique sur les stupéfiants, adoptée en 1961 par les Nations unies. Celle-ci reconnaît que "l'usage médical des stupéfiants demeure indispensable pour soulager la douleur" et que "les mesures voulues doivent être prises pour assurer que des stupéfiants soient disponibles à cette fin".

Mais elle affirme, parallèlement, que "la toxicomanie est un fléau pour l'individu et constitue un danger économique et social pour l'humanité", contre lequel il faut lutter. Une double obligation pour les Etats, donc, au respect de laquelle veille l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), basé à Vienne (Autriche).

Suite et source de l'article ICIhttp://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/24/les-soins-palliatifs-peu-accessibles-dans-les-pays-pauvres_1751048_3244.html

 


En Inde, "les patients voient souvent la mort comme la seule issue"

LE MONDE | 24.08.2012 à 16h46

Par Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)

 

En Inde, le manque de formation du personnel médical et l'usage très réglementé de la morphine empêchent la quasi-totalité de la population d'accéder aux soins palliatifs. Considérée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme le "produit de référence" pour soulager la douleur, la morphine n'est accessible que pour moins de 1 % des patients indiens.

 

Que ce soit pour l'importer d'un Etat indien à un autre, la stocker, la transporterou la prescrire, chaque étape nécessite de multiples autorisations administratives. Les infractions à la loi sont passibles d'une peine de prison sans possibilité de liberté sous caution. Beaucoup d'hôpitaux et de pharmacies ont donc abandonné le recours à la morphine par crainte des sanctions et pour échapper aux procédures administratives sans fin.

Ces règles très strictes ont été mises en place en 1985 par une loi qui visait àlutter contre le trafic et la consommation de narcotiques, sans souci de l'usage de la morphine à des fins médicales. L'opium, qui sert à la fabriquer et est cultivé en Inde, est donc surtout destiné aux pays étrangers : 500 tonnes sont exportées chaque année, soit 200 fois la consommation annuelle du pays.


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