mardi 17 décembre 2013

Les bien-veillants - Accompagner la fin d'une vie - Un livre de AndreSachet accompagnant bénévole.

Les "bien-veillants"

Accompagner la fin d'une vie

Préfacé par Marie de Hennezel qui a félicité l'auteur pour son travail 

L'auteur, depuis une dizaine d'années, fait partie d'une équipe d'accompagnants bénévoles au seins d'une association d'accompagnement en soins palliatifs qui interviennent à l'hopital de Lorient en Bretagne. Dans ce livre, il parle à cœur ouvert et raconte ce que lui et ses collègues rencontrent et vivent "auprès du lit". 
Au-delà de la trahison de corps, des brumes psychiques, il nous invite à constater qu'il y a toujours un sens et toujours une présence de l'esprit. Le souci palliatif doit devenir, dans le monde des soignants une habitude habituelle et ordinaire ; en attendant il nous invite à un regard lucide et généreux qui nous fait entrer au cœur de l'humain.

Résumé
Les-bien-veillants.jpgLes bien-veillants, ce sont les bénévoles qui, au sein d'associations, œuvrent dans le domaine des soins palliatifs en accompagnant, dans les hôpitaux, les personnes en fin de vie. Il y a environ 200 associations de ce type regroupant 25 000 membres.
L'un d'entre eux, André Sachet, nous fait partager dans cet ouvrage l'expérience vécue de ces accompagnants, leur quotidien, la satisfaction apportée par les rencontres, le sentiment d'avoir favorisé quelque chose, l'impuissance devant la maladie et l'inéluctable. Il nous fait partager la culture palliative, l'organisation des soins, la diversité des situations... et nous fait réfléchir à l'essentiel. 
Construit sur des témoignages, riche des observations et des réflexions de l'auteur, rédigé clairement et avec tact, « Les bien-veillants » s'adresse aux bénévoles et aux personnels soignants, notamment celles et ceux qui découvrent les soins palliatifs, et à tous ceux qui vivent une situation difficile avec la maladie d'un proche. 
L'ouvrage paraît au moment du débat sur la fin de vie et l'euthanasie. 
Il est préfacé par Marie de Hennezel qui a félicité l'auteur pour son travail. 

Quatrième de couverture et préface
Qui sont ces hommes et ces femmes qui décident un jour, en pleine conscience, de donner de leur temps pour accompagner ceux qui vont mourir ? Ces hommes et ces femmes que l'on appelle les bénévoles d'accompagnement. Vous le découvrirez en lisant ce livre, écrit par l'un d'entre eux.
À travers son témoignage humble et sensible - les hauts et les bas de l'accompagnement -, il nous fait entrer au cœur de l'humain. On verra, en lisant ces pages, combien des personnes formées et soutenues peuvent, en effet, affronter des situations que notre société a tendance à fuir ou rejeter. On comprendra l'importance des soins palliatifs, et la nécessité d'en diffuser l'esprit.
Puisse cet ouvrage, qui rend si bien compte de la dignité des fins de vie, lorsqu'elles sont accompagnées avec humanité, contribuer à changer notre regard sur ce temps de la vie, sur le temps qu'il faut pour mourir, comme il faut à certains du temps pour naître.

Marie de Hennezel
Auteur : André SACHET
Preface : Marie HENNEZEL
Editeur : SULLY
Année : 11/2013

Nombre de pages : 147

Dimension : 12cm x 17cm

Reliure : Broché
  • ISBN-10 : 2354321082
  • ISBN-13 : 978-2354321086


mercredi 20 novembre 2013

La souffrance des soignants face à la douleur et à la mort des malades

 
Publiée le 7 oct. 2013
 
Des équipes de soins (infirmières, aides-soignants, agents de service, cadres) parlent pour la première fois de leur souffrance face à la douleur et à la mort des malades.
Elles expriment leur difficultés, leur désarroi, leurs peines à l'égard des malades, des familles, des collègues et des médecins.
Elles disent aussi les difficultés qu'elles rencontrent pour assumer, canaliser ou évacuer, leur travail terminé, cette souffrance quotidienne.
Ce film montre comment les soignants cherchent des moyens de se protéger, d'assumer, pour travailler mieux.
 
Voir aussi 4 articles en lien avec la fin de vie :
 
https://www.youtube.com/user/fondationdefranceFDF?feature=watch
 

     Faire face à la mort : Réguler la « bonne distance » soignants-malades
en unité de soins palliatifs

jeudi 27 juin 2013

Devenir accompagnant bénévole auprès des détenus gravement malades ou en fin de vie en milieu carcéral

Accompagner les détenus gravement malades ou en fin de vie en milieu carcéral

2ème congrès international francophone de soins palliatifs – Montréal – mai 2013

Contexte

Le but a été de rencontrer les personnes détenues gravement malades et en fin de vie dans le cadre de la loi de juin 1999 visant  au droit à l’accès aux soins palliatifs. 

Les signalements des malades aux bénévoles sont le fait de l’assistante sociale ou d’un soignant en fonction de critères comme la maladie grave, la fin de vie, les phases de crise ou d’angoisse, l’âge ou l’isolement. Ces accompagnements sont lourds par la densité des échanges et des émotions déversées. Nous leur permettons de dire leurs souffrances, leurs espoirs ou pas dans la médecine, dans la justice, dans leur famille.

Les besoins sont élevés. Notre présence auprès des personnes handicapées vieillissantes ou gravement malades s’effectue en relation étroite avec les soignants. La loi Kouchner de 2002 prévoit des mesures de suspension de peine pour raisons de santé quand le pronostic vital est engagé ou une incompatibilité avec la détention.

 Il s’agit de réaliser le bilan décennal, évaluer les limites et tracer des perspectives. 

Résultats

Depuis 2003 :

 650 visites à 135 personnes réalisées chaque année par 5 bénévoles

15 personnes accueillies dans un logement de l’association (suspension de peine)

Un bon partenariat sur la durée avec les soignants selon des critères d’accompagnement (annonce diagnostic, pronostic vital engagé, période anxiogène, grève médicaments ou de la faim, fin de vie …)

Des outils éprouvés dans le temps pour des accompagnements de qualité : la transmission, les groupes de parole réguliers, la relecture de cas, la formation continue … 

Perspectives 

Les besoins sont élevés, plus de 100 personnes/an- en dehors des suicides meurent dans une prison française. Un accompagnement relationnel serait indispensable pour éviter la marginalisation et l’abandon de ces personnes vulnérables. La difficulté essentielle réside dans le recrutement de bénévoles  car les représentations négatives sur  la prison et la fin de  vie dans notre société persistent.  

Le souci et la vigilance éthique de respecter la confidentialité auprès des soignants et des détenus.

Accompagner la fin de vie … hors de la prison, c’est possible ! Ces accompagnements sont lourds, éprouvant pour les accompagnateurs. Cela demande compétence, grande disponibilité et motivation entière pour gérer, accompagner et s’ajuster en permanence à la personne, à son état physique, psychologique et moral. 

La préoccupation  du respect de l’accès de tous aux soins (palliatifs en particulier) 

Le système de santé pour les personnes détenues a évolué positivement. 8 UHSI dans les  grandes villes permettent à cette population de bénéficier d’infrastructures et plateau technique de centres hospitaliers modernes.

 La signature d’une convention nationale entre l’administration pénitentiaire et notre association devrait permettre de déployer cette action innovante dans les  UHSI !

Philippe LE PELLEY-FONTENY -
Bénévole à la fraternité Accompagnement des malades.

Adresse courriel : 

lepelleyfonteny.philippe@orange.fr

Vous souhaitez devenir bénévole à nos côtés, inscrivez-vous >> accompagner des malades

 


 Lire aussi :

Derrière les murs, la prison

http://www.petitsfreres.asso.fr/benevolat/accompagnement-des-personnes-malades/derriere-les-murs,-la-prison.html


 Accompagnement en milieu carcéral

http://www.cerimontessori.fr/maquette/Prison/prison.html


 Témoignage de Nathalie, bénévole d'accompagnement à la prison de Fresnes

http://www.calameo.com/books/00235774988283b400e3d


 Signature de la convention nationale avec l'administration pénitentiaire lors du conseil d'administration de l'association "Les petits frères des pauvres. 

http://www.pujo-j-jacques.net/article-accompagner-des-personnes-vieillissantes-ou-en-fin-de-vie-en-prison-107729366.html


Film sur l’action « accompagnement à l’hôpital pénitentiaire de Fresnes » 

 Pour le 10ème anniversaire du bénévolat à l'hôpital pénitentiaire de Fresnes,

un film a été réalisé pour que les personnes détenues vieillissantes, gravement malades ou en fin de vie témoignent de l'importance d'être accompagné par des bénévoles durant leur séjour. Ils vivent des situations difficiles, angoissantes du fait de leur incarcération et d'une dégradation de leur état physique avec un sentiment élevé de solitude. Les professionnels de santé (médecins, infirmiers) et la direction de l'hôpital expriment leur satisfaction de la présence des petits frères des Pauvres et de leur écoute inconditionnels à leurs côtés pour soulager l'épreuve des personnes qui leur sont confiées. 

 A lire aussi : 

La prison face au défi du grand âge

 

Le vieillissement de la population carcérale pose de façon nouvelle la question du maintien en détention des prisonniers âgés malades.

http://www.la-croix.com/Actualite/France/La-prison-face-au-defi-du-grand-age-2013-07-18-987738

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mardi 18 juin 2013

Manuel destiné aux personnes engagées dans l'écoute de Pierre Reboul


Biographie de Pierre Reboul

Pierre Reboul assure, depuis de nombreuses années, un bénévolat d'écoute et d'accompagnement, notamment en milieu hospitalier. Il contribue au recrutement et à la formation de bénévoles. II est également coauteur de l'ouvrage La mort dans ma vie - Des mots pour en parler, publié par l'association Jalmalv (Chronique sociale).

Extrait de la 4ème de couverture :
« Manuel destiné aux personnes engagées dans l’écoute, cet ouvrage constitue un outil de base pour guider dans sa pratique tant le bénévole que le professionnel. Fruit d’une longue expérience de bénévolat, cet ouvrage est une « caisse à outils » adaptée à l’exercice d’une fonction nécessitant disponibilité, cohérence, travail d’équipe, déontologie, éthique…
Il se compose de six parties :
– les points d’appui : se former, être soutenu, conserver une juste distance ;
– le cadre des activités : respecter un cahier des charges, différencier bénévolat d’accompagnement et bénévolat de service, identifier ses interlocuteurs ;
– l’engagement : cerner les constantes, identifier les différents types d’accompagnement, éclaircir ses motivations ;
– la parole : les non-dits, le silence… ;
– l’écoute : écouter, s’écouter soi-même, communiquer non verbalement… ;
– les implications liées à l’engagement : temps, questionnements…
Ces différentes parties comprennent de nombreux exemples permettant d’illustrer le propos.
Cet ouvrage est un guide-ressource pour asseoir sa pratique, la renforcer. Au sein d’une association, d’une institution, il sera apprécié pour servir de référence à la mise en place d’un parcours de formation. »

Editeur : CHRONIQUE SOCIALE, Tous les détails ici :
http://www.chroniquesociale.com/ecouter-pour-accompagner__index--1011992--3005839--1012241--cata------1011898--catalogue.htm

lundi 15 avril 2013

Poème "Le Papé" par Yolande VERCASSON


Le Papé 

Il se tenait assis tout au bout de la table
Et nous impatientait souvent par sa lenteur.
On le voyait si vieux, si courbé, pitoyable,
Que l’amour peut à peu cédait à la rancœur.
Je le suivais partout ! c’était là, dans ma tête !
Il me suivait des yeux lorsque je travaillais,
Proposait de m’aider, maladroit, l’air tout bête !
Il gênait nos projets, notre vie, le papé !
 
Au bout de quelques temps, prétextant les vacances,
Je le menais plus haut, au flanc du Luberon
« Tu seras bien là-bas. Tu verras la Durance
Du haut de la terrasse de la grande maison.
Ces maisons-là, papé, sont faites pour les vieux.
Regarde comme ils semblent bien, ils ont l’air très heureux ! »
« Comme tu veux, petite, si c’est pour ton bien-être.
Monte de temps en temps, le dimanche peut être ? »
 
Je l’ai laissé tout seul, vivement, pas très fière.
L’air était encore chaud, pourtant je frissonnais,
Et le chant des oiseaux voletant sur le lierre
Me disait doucement : « Qu’as-tu fait du papé ? »
Les jours se succédaient, je cherchais la quiétude
Le travail me prenait, j’essayais d’oublier,
De noyer mes regrets au fil des habitudes,
Les souvenirs d’antan rappelaient le papé.
Même dans le mistral qui rasait la garrigue
Pour venir s’écraser au butoir de la digue
J’entendais cette voix qui ne cessait jamais
De dire à mon oreille : « qu’as-tu fait du papé ? »
Chaque brin de lavande, de thym, de romarin,
Me reprochait sans fin l’absence de l’aïeul.
Le murmure des sources dans le petit matin
Chantait sur mon cœur lourd des cantiques de deuil.
Le remord lentement s’installait dans ma vie.
Je revenais m’asseoir ou il s’était assis,
Sur le banc de vieux bois, près du puits, sous le chêne,
Et je laissais errer mes pensées sur la plaine.
 
Alors, je l’ai revu, avant, lorsqu’il marchait
Jusqu ‘au seuil de l’école, pour venir me chercher.
Je sautais dans ses bras, je l’embrassais, tout doux,
Et nichais tendrement ma tête sur son cou.
Il me portait un peu, puis, ma main dans sa main,
Il ajustait son pas pour bien suivre le mien.
Il m’expliquait les bois, les cabris, les moutons,
Les abeilles dorées et les beaux papillons.
Il cueillait aux buissons des réserves de mûres
Et m’offrait les plus grosses comme un présent de choix.
Il riait bruyamment en voyant ma figure
Barbouillée des reliefs de ce festin de roi.
Le soir près de mon lit, il venait me bercer
De chansons provençales, d’histoires de bergers.
Je m’endormais heureuse de sa chaude présence,
Pleine de rêverie, d’amour, de confiance.
 
Au long des souvenirs, mon cœur plein de pitié
A trouvé le repos. J’ai repris le sentier
Pour revenir tout droit à la grande maison.
Retrouver le papé, lui demander pardon.
J’ai pris tout simplement sa main, sans rien lui dire.
Une larme brillait au milieu du sourire.
Et c’est moi, cette fois, tout au long du chemin
Qui ajustais mon pas, pour bien suivre le sien.
 
Un papé c’est précieux, c’est tant de souvenirs !
Si vous en avez un, jusqu’au bout de vos jours,
Gardez-le près de vous. Quand il devra mourir,
Vous fermerez ses yeux dans un geste d’amour.
Aujourd’hui, par hasard, si le chant des cigales
Me pose la question tant de fois redoutée,
Je peux, le cœur tranquille, en digne Provençale
Répondre fièrement : « il est là, le papé »

Auteur : Yolande VERCASSON Association "Avec rime et raisons" Commune de Charleval - 13350
Ce texte a était mis en lumière par une autre personne sous le nom de "la Mamé" lors de l'émission "La France a un incroyable talent" sur M6.
Tous les détails sur Yolande Vercasson en cliquant : ICI


mardi 26 mars 2013

Litérature ; L'homme, la jeune fille et la mort écrit par Cyriele Flore

   

"L'homme, la jeune fille et la mort"

 Cyriele Flore, ancienne bénévole accompagnante auprès des personnes malades en soins palliatifs, milite depuis plusieurs années afin que la mort et la maladie ne soient plus un tabou.

Pourquoi ce livre ? 

L-homme-la-jeune-fille-et-la-mort.jpeg
Durant 3 ans, j'ai accompagné des personnes en fin de vie. J'allais une fois par semaine à l'hôpital, je rencontrais les médecins, les infirmiers, les aide-soignants.
Et puis, les portes. Derrière chacune d'entre elles, une personne, une famille, une histoire, une souffrance, de l'espoir.
A Toulouse d'abord, puis à Sydney en Australie, j'ai accompagné des personnes se trouvant seules face à leur maladie et face à la mort.
C'est intéressant de découvrir des cultures et des modes de pensées différents sur le vécu d'une maladie et l'approche de la mort. Ce roman est avant tout une fiction, c'est aussi une histoire basée sur des expériences réelles, construite au fur et à mesure de mes rencontres.
Mon but est de lever le tabou de la mort et de la maladie, vous me direz si je réussis...
Cyrièle Flore 

Résumé du livre

C'est une histoire peu ordinaire, celle de la rencontre entre Victor, la soixantaine, et Eliza, jeune bénévole à l'hôpital.
Victor a un cancer et ne veut pas y croire. ll rentre à l'hôpital pour y suivre un traitement. Seul face à sa maladie et à ses questions, il se rapproche d'Eliza. De larmes en joies, de questions en réponses, d'espoir en désespoir, Victor fait face pour la première fois à la maladie et à la mort.
Où sont ses proches, sa famille et ses amis ? Comment peut-il faire face à ses souvenirs et à la vie qu'il a menée jusqu'alors ? Qui est Lola, qui semble hanter Victor jusqu'au fond de ses entrailles ? Que fait Eliza à son chevet ? Comment accepter d'être si nu face à l'autre ? Y'a-t'il quelque chose que Victor doit comprendre ?
Tiré d'expériences véritables, ce roman se veut une ouverture sur le monde de l'hôpital, de la maladie et de la mort. Si l'on est si seul face à la mort, c'est peut-être parce que nous avons tous peur.
"Un roman qui se lit comme une histoire vraie. Vous serez secoué par cette histoire si proche de notre fin à tous."
Extraits du livre ici : http://www.cyrieleflore.com/extraits
Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.cyrieleflore.com
Je vous renvoie à l'exellente critique de Mélusine : http://la-book-melusine.over-blog.com/article-l-homme-la-jeune-fille-et-la-mort-de-cyriele-flore-116205369.html

A lire aussi la critique du livre sur : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/35063
 

 
 

Tribune d'une anthropologue "La mort sociale" par Eugénie Poret

Après un périple qui l’a conduit jusqu’au-delà de nos frontières, le Professeur Sicard a rendu son rapport sur les représentations et les attentes autour des conditions de la fin de vie. 

Ceux d’entre nous qui ont participé à l’une des rencontres qui ont nourri la réflexion ont pu percevoir à quelEuge-nie-Poret.jpg point, au-delà des partisans purs et durs pour des raisons qui les dépassent parfois eux-mêmes, les personnes se sont exprimées avec tact et délicatesse. Les réflexions étaient nourries, les sentiments sincères, les attentes légitimes.

Revendiquer le droit de bénéficier de soins palliatifs dignes de ce nom, et avoir les moyens de prendre soin, pouvoir refuser de subir jusqu’au bout les effets terribles d’une maladie dégénérative, tels étaient les points abordés par ceux qui travaillent, ceux qui subissent, ceux qui portent en eux les ravages des agonies dévastatrices, ceux qui ont peur. 

« Mourir dans la dignité » : qui voudrait mourir dans l’indignité et de quelle dignité parle-t-on ? 

Dans nos cultures Occidentales, les réponses aux besoins doivent être immédiates ; la consommation remplit les vides existentiels, les corps confondus des hommes et des femmes doivent répondre aux critères des modes qui les habillent d’uniformité. La « science » ne saurait faillir à sa toute puissance, répondant à chaque volonté de refaire la vie, les corps, les réparations, les guérisons. 

Comme on survole les lieux pour passer de l’un à l’autre sans faire le voyage, on doit passer de vie à trépas sans traverser l’agonie qui est du temps perdu, inutile puisque l’échéance est là, désagréable pour chacun et « couteuse ». 

Alors, supprimons aussi ce passage, comme on a évincé tous les rituels qui permettaient aux sociétés de vivre collectivement les moments heureux et malheureux d’une existence humaine. Soyons pragmatiques, rationnels, utilitaristes, simplistes, sans âme et consommons sans vergogne les petites pilules du bonheur, puisqu’elles sont remboursées et camouflent les vides.

Alors qu’est-ce qu’une vie, si elle n’est pas faite pour s’éprouver ?

Que faire avec cette conscience d’être qui nous permet de ressentir, d’infléchir le cours du destin, de donner sens à tout ce qui survient ?

Partir, c’est mourir un peu, mais ce n’est pas disparaître tout-à-fait ; ce n’est pas laisser un vide rempli aussitôt des choses de l’oubli.

Le lien qui unit les êtres, quoi qu’on en dise, ne saurait s’effacer selon le bon vouloir des idéologies, d’où qu’elles viennent.

Nous ne naissons pas humain, nous le devenons au contact des autres, il nous faut puiser en eux ce langage qui nous fait reproduire et repérer la vie.

Souffrir et voir souffrir est d’autant plus douloureux que nous le vivons dans la solitude et sans l’appui des rites qui, transmis au fil du temps, portaient collectivement les moments dramatiques.

La mise à distance de la mort est une absurdité qui nous remonte comme un repas mal digéré.

On veut gommer la fin de vie comme on a gommé l’enfance qui laissait aux petits le loisir de s’inspirer par eux-mêmes de la vie foisonnante des petits riens. 

On veut tout savoir sans comprendre, passer sans rien voir, absorber sans gouter ; laisser le monde lisse des apparences nous tromper.

Nous qui travaillons auprès de ceux qui souffrent, savons que partager les épreuves rend riche et profond et nous nous efforçons de tendre la main pour faire la traversée dans les moments où les forces se dérobent. 

Nous leur proposons d’être là, au plus juste de la relation, au plus humain de la rencontre.

Nous refusons que s’impose le pouvoir du médical, mais nous refusons aussi que s’installe en nos cœurs l’idée que pourraient surgir des êtres invulnérables, infaillibles et sans esprit, déjà morts avant que d’être nés.

Nous refusons que soit déshumanisée la fin de vie, comme la vie elle-même. 

Eugénie PORET

Anthropologue – administrateur de la SFAP

mercredi 16 janvier 2013

Percée majeure vers un vaccin contre l'Alzheimer

Des chercheurs de l'Université Laval, du CHU de Québec et de la pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK) ont découvert une façon de stimuler les mécanismes de défense naturelle du cerveau des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.

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Il s'agit d'une percée majeure dans le domaine de la recherche contre cette maladie, puisqu'elle ouvre la porte au développement d'un éventuel traitement pour les gens atteints d'Alzheimer et d'un vaccin pour prévenir la maladie. Lorsqu'une personne souffre d'Alzheimer, son cerveau produit une molécule toxique, que les cellules de défense du système nerveux ne parviennent pas à éliminer. Cette molécule, la bêta-amyloïde, forme alors des dépôts appelés plaques séniles. Or, l'équipe du docteur Serge Rivest

, professeur à la Faculté de médecine de l'Université Laval, a identifié une molécule qui permet de stimuler les cellules immunitaires du cerveau.

Les résultats obtenus sur les souris atteintes d'Alzheimer sont probants. Chez les cobayes ayant reçu une injection hebdomadaire de la molécule, pendant 12 semaines, 80 % des plaques ont été éliminées. « Les tests cliniques auprès des patients Alzheimer sont très longs. Il faut traiter les gens et après faire des tests tous les six mois pour voir s'il y a une amélioration de la mémoire. Ça peut prendre quelques années avant d'avoir des effets qui sont clairs pour les gens atteints, mais pour avoir un vaccin sécuritaire, qu'on pourrait commencer à utiliser en intervention, ça pourrait être plus rapide », avance Serge Rivest, optimiste. 

Posted: 16 Jan 2013 11:25 AM PST

Regardez la video : Bruno Savard discute de cette découverte 

Source : www.radio-canada.ca

mercredi 9 janvier 2013

Les décisions médicales de la fin de vie en France

1ers résultats de l’enquête "La fin de vie en France", menée par l'INED, cinq ans après l’adoption de la loi Leonetti.

Sophie Pennec, Alain Monnier, Silvia Pontone, Régis Aubry

N°494, novembre 2012, 1,50 €. n° ISSN 0184 77 - Population et Sociétés 

Au-delà des quelques cas d'euthanasie faisant l'actualité, qui concernent souvent des personnes jeunes lourdement handicapées, les médecins et les équipes hospitalières accompagnent chaque jour la fin de vie de patients âgés. Les décisions susceptibles d'abréger la vie sont-elles fréquentes ? Par qui sont-elles prises ? Sophie Pennec, Alain Monnier, Silvia Pontone et Régis Aubry nous livrent les premiers résultats de l'enquête La fin de vie en France.

Télécharger le document en PDF

Résumé :

En France, près de la moitié des décès (48 % en 2010) a été précédée d'une décision médicale ayant pu hâter la mort du patient. Mais des médicaments ont été donnés pour mettre délibérément fin à la vie dans seulement moins de 1 % des cas. Les décisions prises s'appuient dans leur grande majorité sur les dispositions de la loi Leonetti qui permet sous certaines conditions de limiter ou d'arrêter un traitement, ou d'administrer des médicaments afin de soulager les souffrances du patient, qui peuvent avoir pour effet d'avancer la survenue de la mort. Toutefois, les prescriptions légales encadrant ces décisions ne sont pas encore totalement connues ou respectées : les décisions de fin de vie ne sont pas toujours discutées avec les patients et les équipes soignantes ; la rédaction par les patients de directives anticipées, proposée par la loi Leonetti pour que les soignants prennent en compte leurs souhaits, reste en pratique très rare. 

Sommaire :

  • Une décision médicale a pu hâter la mort dans plus d'un décès non soudain sur deux
  • Encadré 1 : La loi Leonetti
  • Encadré 2 : L'enquête La fin de vie en France
  • Soulager la douleur ou limiter un traitement 
  • Encadré 3 : L'euthanasie : demandes et pratiques rares
  • Une décision collective dans neuf cas sur dix
  • Encadré 4 : Comparaison avec d'autres pays européens

lundi 7 janvier 2013

Fin de vie : remise du rapport Sicard

Le Président de la République a reçu ce 18 décembre le Professeur Didier Sicard qui lui a remis le rapport de la commission de réflexion sur la fin de vie qui lui avait été confiée en juillet dernier.Capture d’écran 2013-01-07 à 11.01.55

Le Président a rappelé qu’il accordait une grande importance à ce que ce sujet soit abordé dans le respect des différents points de vue. Il a remercié vivement le Professeur Sicard et les membres de la mission de la qualité du travail accompli.

Le Président a pris acte du constat posé sur les difficultés et les retards que connaît encore l’organisation de la prise en charge de la fin de vie dans notre pays. En particulier, l’absence de formation spécifique des médecins à ce sujet, le développement encore insuffisant de la prise en charge palliative des malades en fin de vie, y compris à domicile, la séparation excessive des approches curatives et palliatives dans les parcours de soins, constituent autant de pistes de progrès indispensables. Des mesures seront proposées par la ministre de la Santé et la ministre de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur avant la fin du mois de mai 2013.

Le Président a pris également acte du constat établi que malgré les apports indéniables de la loi Léonetti, la législation en vigueur ne permet pas de répondre à l’ensemble des préoccupations légitimes exprimées par des personnes atteintes de maladies graves et incurables.

Il a donc décidé de saisir comme la loi le prévoit le Comité consultatif national d’Ethique, afin que celui-ci puisse se prononcer sur les trois pistes d’évolution de la législation ouvertes par le rapport :

  1. Comment et dans quelles conditions recueillir et appliquer des directives anticipées émises par une personne en pleine santé ou à l’annonce d’une maladie grave, concernant la fin de sa vie ?
  1. Selon quelles modalités et conditions strictes permettre à un malade conscient et autonome, atteint d’une maladie grave et incurable, d’être accompagné et assisté dans sa volonté de mettre lui-même un terme à sa vie ?
  1. Comment rendre plus dignes les derniers moments d’un patient dont les traitements ont été interrompus à la suite d’une décision prise à la demande de la personne ou de sa famille ou par les soignants ?

Sur la base de ces avis, un projet de loi sera présenté au Parlement en juin prochain.

Consulter :

 pdf.gif Les résultats d’une étude qualitatitve auprès de personnes en fin de vie et de proches (pdf - 338.7 ko)