lundi 27 octobre 2014

Un autre regard sur « La médicalisation de la mort » par Laurence BOUNON, psychanalyste et Jean-Michel LASSAUNIÈRE, médecin soinspalliatifs.

La médicalisation de la mort n’a-t-elle pas progressivement transformé l’homme en objet de soins ? Une médecine qui ne prête plus attention à la parole.

La médicalisation de la mort

La philosophie des S.P. était le liant supposé soutenir cet enjeu.
Mais alors que la dynamique associative à l’origine du mouvement avait privilégié les dimensions subjective, spirituelle et relationnelle. En moins de trente ans, les S.P. deviendront une nouvelle discipline médicale et par voie de conséquence, une nouvelle forme de médicalisation de la mort. » La mort relève désormais d’une politique sanitaire de gestion du vivant et/ou du mourant qui éradique la question du sujet.
Alors que le mouvement avait été initié par des soignants, des bénévoles et quelques rares médecins, la SFAP sera placée sous le primat du médical. Les présidents successifs étant toujours issus du collège des médecins, le questionnement que le mouvement avait ouvert, sera progressivement étouffé.
La question que pose la mort dans nos vies sera désormais gérée selon des modalités scientistes.

Résumé
Dans les années 1980, le mouvement des soins palliatifs avait tenté de résister à la médicalisation débutante de nos vies, mais en se tournant vers le scientisme médical, il fera paradoxalement des soins palliatifs, l’instrument de la médicalisation de la mort. Les soins palliatifs sont devenus une spécialité médicale à part entière, en déniant le questionnement qui les avait mis en mouvement. Soumis aux processus d’instrumentalisation du vivant et de désubjectivation que génèrent les sociétés néo-libérales, ils sont aujourd’hui dans une impasse pour défendre les positions qu’ils entendaient tenir, en particulier dans le champ éthique.

Introduction

  • Prodrome : « accompagnement des mourants »/hostilité à la dépénalisation de l’euthanasie
  • Le processus d’institutionnalisation
  • Le tournant en 1990 : création d’une Société savante
  • Scientisme médical et médicalisation de la vie
  • Pensée dominante des sociétés néo-libérales, médecine moderne et recours à la loi
  • Le paradoxe de la médecine palliative
  • Le processus de médicalisation des S.P.
  • La médicalisation de la vie s’accompagne de sa judiciarisation


A lire aussi :
« Le désir qui a animé « le mouvement des soins palliatifs » est-il mort avec l’invention de la discipline des soins palliatifs » ? paru le 23-11-2003
Coécris par par Laurence BOUNON, psychanalyste, Dijon et Dr Jean-Michel LASSAUNIÈRE, médecin soins palliatifs, Paris.

Consultable ici : http://www.recap.fr/IMG/pdf/L-BOUNON-JM-LASSAUNIERE.pdf


Le rapport Sicard publié en décembre 2012 disponible en téléchargement ici :
 http://www.humanite.fr/sites/default/files/legacy/fiches_jointes_au_rapport.pdf


Etude quantitative sur la fin de vie
TNS Sofres décembre 2012
A la demande du Service d'Information du Gouvernement et pour aider le Professeur Sicard dans la mission de réflexion qu'il mène sur la fin de vie, TNS Sofres a réalisé une enquête qualitative sur ce sujet. 20 entretiens semi-directifs auprès de personnes en fin de vie et de leurs proches ont été conduits entre le 9 et le 27 novembre.
Télécharger ici :
http://www.tns-sofres.com/etudes-et-points-de-vue/les-francais-et-la-fin-de-vie  



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