lundi 31 octobre 2016

Communiquer avec la personne malade en tant que bénévole, parent ou soignant : Des mots pour le dire...

    1er contact avec le personnel de service si vous êtes visiteur bénévole :
Bonjour, je suis visiteur des malades de l'association …………………………………...
Y a-t-il des patients à visiter en priorité ? Personne seule, déprimée ou autre.
Y a-t-il des consignes particulières ?

1re visite avec la personne malade :
Bonjour, je suis visiteur bénévole, je fais partie de l'association...................,
Je m’appelle………………, je peux rentrer ? Je ne vous dérange pas ? (Ou si la personne est occupée, télévision, visiteurs, famille, soins infirmiers), préférez-vous que je repasse dans un moment ? Je repasserai plus tard si vous le voulez ?
Je suis venu vous dire bonjour afin de faire votre connaissance, vous aidez à passer le temps et oublier vos préoccupations, Vous voulez bien que je vous tienne compagnie ? cela vous changera les idées.
Accepteriez-vous que nous passions un petit moment ensemble ?
Vous permettez que je m’assoie près de vous ?

Début de l’entretien et de l’écoute à adapter en fonction de la personne visité
Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
Vous habitez la région ?
Vous avez de la famille ? — Vous avez des enfants ?
Vous avez de la visite ?
Quel âge avez-vous ?
Quel était votre métier ? (Relecture de sa vie passée)
Parlez-moi de vous.
Ce n’est pas trop dur pour vous ?
C’est difficile, n’est-ce pas ?
Voulez-vous m’en parler ?
Je suis là pour vous écouter
Parlez-moi de ce que vous ressentez
Souhaiteriez-vous parler de quelque chose qui vous préoccupe actuellement ?
Qu’est-ce qui vous rend la vie si triste ? — Si difficile ?
Qu’éprouvez-vous actuellement ?
Je peux comprendre ce que vous ressentez
Je suis impuissant pour vous répondre, mais je peux vous écouter

Utiliser la méthode de reformulation :(Reformuler aide à montrer que l’on a écouté son interlocuteur, à vérifier que l’on a compris le sens de ses propos, éventuellement à faire clarifier ou préciser le sens).

 «  Ainsi, selon vous… » « Vous voulez dire que… »  «  En d’autres termes… »  «  Autrement dit … »   « D’après vous… »  « Donc, à votre avis… »   « Je crois comprendre… » « Si je comprends bien… »  «  Si je résume… »   « Qu’est-ce qui vous fait dire cela…? » 

Fin de la visite, adopter la formule en fonction de son état :
On va s’arrêter là pour aujourd’hui si vous le voulez bien.
J’ai été très heureux de faire votre connaissance !
Ce que vous m’avez raconté été très intéressant.
Souhaiteriez-vous que je revienne vous voir ?
Si vous êtes là à ma prochaine visite, je passerais vous dire bonjour.
Je vous souhaite un bon rétablissement.
Je vous souhaite beaucoup de courage pour la suite et un bon rétablissement.
J’ai de l’admiration pour votre courage.
Je conçois que cela soit difficile pour vous et je souhaite que votre état s’améliore rapidement.
« Je ne veux pas vous fatiguer. Je vais vous laisser vous reposer. Merci vraiment de m’avoir reçue à votre chevet ».
En lui serrant la main, lui dire : « Patience et courage ».

Aux parents qui paraissent en souffrance : 
Ca va pour vous ?
C’est difficile n’est-ce pas ?
Ce n’est pas trop dur pour vous ?
Vous pouvez me parler si vous le désirez.
Voulez-vous partager avec moi ce moment difficile ?

A la personne qui ne veut ou ne peut pas parler :
- Avez-vous envie de parler ?
- Vous ne souhaitez pas parler ?
- En quoi est-ce préférable, pour vous, de ne rien dire ?
- Qu’éprouvez-vous actuellement ?
- Parlez-moi de vous, de vos espoirs de vos peurs.
- Souhaiteriez-vous parler de quelque chose qui vous préoccupe actuellement ?
- Si vous le souhaitez, sachez que vous pouvez me parler.
- Voudriez-vous partager avec moi ce que vous éprouvez face à cette maladie ?
- Quel sujet aimeriez-vous aborder aujourd’hui, la peur, l’angoisse, vos préoccupations, vos désirs, vos souffrances morales ?
- Accepteriez-vous que nous nous revoyions ces prochains jours ?

« Pourquoi moi »
- Je comprends vos sentiments, à votre place, je réagirais comme vous.
- Sachez que je partage votre peine.
- Je vois que vous êtes en colère.

« C’est grave ce que j’ai ? » « C’est le cancer » « C’est le Sida »
- Seul votre médecin peut vous informer du diagnostic, mais ce que je peux faire c’est vous écouter.
- Quel est votre problème ?

« Aidez-moi à mourir »
- Trouveriez-vous normal qu’un malade impose à un médecin de lui donner la mort, imaginé la responsabilité de celui-ci, vous ne pouviez pas lui demander de vous tuer, imaginais le fardeau qu’il aura à porter, sa souffrance personnelle. Imaginez le syndrome des restants.
- Le médecin n’est pas là pour tuer ses patients, il est là pour vous aider et vous soulager.
- La médecine à le pouvoir de faire reculer la mort, pas de la donner.
- Il y a des choses que la médecine ne maîtrise pas et qui vous appartiennent, la force et le désir de vivre par exemple.

« Je veux mourir » « J’ai assez vécu » « Je voudrais mourir »
- Êtes-vous vraiment désespéré à ce point ?
- Qu’est-ce qui vous fait penser à cela ?
- Qu’est-ce qui vous est le plus insupportable ?
- Expliquez-moi comment vous en êtes arrivé à un tel désespoir
- Ce serait mieux pour vous si vous étiez morte ?
- Je peux le comprendre, mais pensez-vous pouvoir décider du moment de votre mort.
- Avez-vous tout réglé, n’avez-vous rien laissé en suspend ? Avez-vous dit adieu à vos proches ?
- Êtes-vous sûre d’avoir fini de vivre.
- Quelque chose ou quelqu’un vous rattache-t-il encore à la vie.
- Vous avez certainement encore des choses à vivre ou à dire à vos proches.
- Avez-vous encore des choses non réglées. Voulez-vous m’en parler, cela peu peut-être vous aider ?

« J’ai peur de mourir »
- C’est vrai, vous êtes en droit d’avoir peur, pour le moment, vous n’êtes pas mourant, voulez-vous que nous en parlions ?
- Voulez-vous que je vous aide à affronter la peur que vous avez de la mort ?

« Est-ce que je vais mourir »
— Qu’est ce que vous redoutez ?
— Quels sont vos sentiments, vos idées, vos peurs quant à la mort et au mourir ?

« Je ne veux pas mourir »
- Vous avez encore du temps devant vous, vous n’êtes pas mourant.
- Qu’est-ce qui vous fait dire cela.
- Le temps qui vous reste à vivre vous appartient, la force et le désir de vivre par exemple.

« Je vais mourir »
- Vous dite que vous allez mourir, qu’est-ce qui y vous fait dire cella.
- Vous sentez-vous plus fatigué que d’habitude ?
- Vous partirez en temps voulu, et si cela devait se produire, vous ne serez pas seul, nous serons là pour vous accompagner jusqu’au bout.
- Je vous invite à profiter pleinement du temps qu’il vous reste à vivre.
- Parlez-moi de votre sentiment d’être mourant.

« Aidez-moi à mourir, regardez mon état, j’ai assez vécu »
- Vous dites que vous avez assez vécu, que vous voulez mourir, mais puisque vous vivez encore, y a-t-il quelque chose que l’on puisse faire afin que ce qu’il vous reste à vivre soit le plus agréable possible ?
- Que demandez-vous, que l’on vous donne la mort. Vous savez comme moi que cela n’est pas dans le pouvoir du médecin, même si techniquement cela peu se faire.
- Personne ne peut décider du moment de votre mort. Seul vous-même pouviez décider de ce moment-là, en vous laissant aller.
- Le devoir du médecin n’est pas de guérir, mais de soigner, c’est-à-dire de prendre soin, de soulager la personne jusqu’à sa mort.
- Ce que vous demandez, on peut le comprendre, mais on ne peut pas le faire

« J’ai mal »
- Je comprends votre souffrance, c’est difficile c’est ce pas ?
- Je vois que vous souffrez et cela me touche ; — Ou avez-vous mal.
- Y a-t-il une chose que je puisse faire pour vous et qui vous fera du bien ?

 « Je ne veux pas souffrir »
- Le service c’est engagé à vous soigné jusqu’au bout, à soulager vos           douleurs, à vous assisté afin que vous ne vous sentiez pas seule n’y abandonner.
- Ce sera un bonheur pour moi que de vous assister, vous êtes très     courageuse.
- La médecine va tout faire pour vous soulager.

« Pourquoi est-ce qu’on ne me fait plus rien »- Je comprends votre angoisse.

« J’ai envie de vivre »
- J’ai envie de vous y aider.

« Je me sens triste »
- Qu’est-ce qui vous rend la vie si triste
-       Pouvez-vous me dire ce que vous éprouvez exactement lorsque vous vous sentez triste ?
 -      A quoi pensez-vous dans ces moments-là ? etc., etc.

« Je me sens seule »
- Vous vous sentez seule ? Mais nous sommes à vos côtés. Je vais rester un moment avec vous.
- De quoi voudriez-vous parler.
- Je vous comprends parfaitement, qu’est-ce qui vous rend la vie si difficile actuellement ?
- Parlez-moi de ce que vous ressentez.

« Je veux voir maman »
- Vous voudriez voir votre maman qui vous manque ?

« Je voudrais mourir pour retrouver mon mari. »
- Vous l’aimiez donc tant, votre mari ?

« Je ne vaux plus rien »
— Qu’est-ce qui vous donne ce sentiment que vous ne valez vraiment rien ?

« Je n’ai pas faim »
- C’est normal, vous ne faites pas beaucoup d’exercice. Quels sont vos plats           préférés ?
- De quoi auriez-vous envie ?

« De toute façon je suis incapable de m’en sortir parce que j’ai jamais été capable de faire quoi que ce soit dans ma vie ! »
- Si vous le souhaitez, sachez que vous pouvez me parler.
- Voulez-vous m’en parler.
- Je comprends bien que, pensant que vous n’avez pas de valeur, vous vous sentiez incapable de vous sortir de cette situation.

« J’ai mal dormi ! »
- Vous avez mal dormi, Madame X ?

« Je serai beaucoup mieux chez moi, à la maison »- Oui, vous seriez beaucoup mieux chez vous, à la maison.

« Je suis mal ici, dites-moi que je ne vais pas mourir, que ce n’est pas grave »
- Je comprends votre inquiétude, voulez-vous que nous en parlions ?

« Cette perfusion me fait souffrir »
- Elle contient un médicament qui vous soulage. Dans quelle position vous sentiriez-vous le mieux.

« J’ai le cancer »
- Je comprends. Votre maladie n’est pas facile à vivre. Que pouvons nous faire qui pourrait vous faire plaisir, vous aiderez ? vous soulagerez.
- Voudriez-vous partager avec moi ce que vous éprouvez face à cette grave maladie ?

A chacun d'adapter les questions, les réponses, les reformulations, en fonction de la personne visité.
Jean-Jacques Pujo. Visiteur bénévole auprès des malades en fin de vie.

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