mardi 30 octobre 2007

Poème à l'infirmière

Toi, l'infirmière

Je ne te connais pas et pourtant je t'admire,

Car tu es toujours là, lorsque la vie chavire,

Ta présence discrète au cœur de l'hôpital

Fait souvent reculer la douleur et le mal.

 

Tu combats la souffrance avec persévérance

Et l'on voit de tes mains renaître l'espérance.

Que de sanglots, de cris, que de maux, de soucis

Au cœur de cet enfer par tes soins adoucis

 

Ton royaume est bâti de râles et de larmes,

Et dans ce monde froid, tu n'as pour seules armes,

Que la force et l'espoir de ton cœur généreux,

Qui apporte la paix à tous les malheureux.

 

Tu es la confidente aimée des solitaires,

De tous ceux que la vie a rendu grabataires

Tu offres ton sommeil, tu distribues ton temps,

Tu soignes, tu guéris tout en réconfortant.

 

Tu es la providence au sourire angélique,
Et dans cet univers inodore, aseptique,

Tu mêles ton parfum aux nuages d'éther

En ajustant la sonde ou bien le cathéter

 

Lorsque la mort, hélas, se montre la plus forte,

Et que le sang glacé se fige dans l'aorte,

L'amertume et la rage envahissent ton cœur,

Qui ne supporte pas que le mal soit vainqueur.

 

Tu sais que la " Camarade" habite les parages,

Et qu'elle peut frapper tous les gens, tous lesâges,

Et tu pleures parfois quand tombe le rideau,

Sur l'inconnu défunt qui va vers le tombeau.

 

Pourtant lorsque paraît, quand s'éloigne le pire,

Une lueur de joie, au milieu d'un sourire,

Alors modestement, tu reçois ce cadeau,

Et tu sens beaucoup moins le poids de ton fardeau
 

Tu me pardonneras, infirmière anonyme,

Ce " tu " si familier au milieu de la rime

Mais je te connais bien car je t'ai vu souvent

Au cœur de l'hôpital plus sombre qu'un couvent.

 

Tu n'es pas une star ni même une vedette,
Pour louer ton travail, ni radio, ni gazette,
Mais laisse moi te dire avec mes mots ici,

Ce que je ne puis taire, infirmière, Merci.

Auteur Anonyme
Message posté sur le forum Infirmiers.com
Aout 2003


jeudi 25 octobre 2007

Les vieux de Jacques Brel

Les vieux

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux.
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends

Les vieux ne rêvent p!us, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore, bras dessus bras dessous, tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend

Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend

« Enfin, quoi, si j'avais du talent, je n'aurais tout de même pas fait des chansons »
  Jacques Brel - 1963

mardi 23 octobre 2007

La fin de vie en Europe : le point sur les pratiques médicales

Une enquête pour étudier les pratiques médicales

Johan Bilsen(a), Joachim Cohen(a) et Luc Deliens(a,b)

Sommaire

La fin de vie en Europe : le point sur les pratiques médicales
  • Une enquête pour étudier les pratiques médicales - p. 1
  • Une décision médicale a pu hâter la mort dans un à deux décès non soudains sur trois - p. 2
  • Soulager la douleur ou arrêter un traitement - p. 2
  • L’euthanasie est peu fréquente - p. 2
  • La pratique de la sédation profonde jusqu’à la mort - p. 3
  • Encadré : L’enquête Eureld (European End-of-Life Decisions) - p. 4


Au-delà des quelques cas d’euthanasie faisant l’actualité, qui concernent souvent des personnes jeunes lourdement handicapées, les médecins et les équipes hospitalières accompagnent chaque jour la fin de vie de patients âgés. Les décisions susceptibles d’abréger la vie sont-elles fréquentes ? Par qui sont-elles prises ? Une enquête est prévue en France. Une étude de quelques voisins européens apporte d’ores et déjà des éléments de réponses et relance le débat du « droit à une mort digne ».

Les circonstances de la mort ont changé au cours du dernier siècle en Europe. La plupart des décès surviennent maintenant à des âges élevés voire très élevés.  Ils ont principalement lieu en institution et sont souvent précédés d’une longue maladie chronique. L’offre médicale s’est parallèlement beaucoup élargie et les soins palliatifs se sont développés.

De leur côté, les patients souhaitent de plus en plus souvent privilégier la qualité de la mort à la prolongation de la vie.  Suite à tous ces changements, les professionnels de santé sont de plus en plus souvent conduits à prendre des décisions médicales susceptibles d’abréger la vie de leurs patients. Et un débat sur les droits des malades en phase terminale et sur l’acceptabilité de l’euthanasie et des autres décisions médicales de fin de vie s’est développé dans plusieurs pays.

Les parlements hollandais et belge ont ainsi voté des lois en faveur de l’euthanasie en 2001 et 2002. En Suisse, le suicide assisté est implicitement autorisé depuis longtemps et aux Pays-Bas, il a été légalisé par la loi de 2001 entrée en application en 2002. En France, une loi votée en avril 2005 et mise en application en février 2006 autorise les médecins à renoncer à tout traitement médical inutile ou à intensifier le traitement de la douleur, même si cela a pour effet non intentionnel de hâter la mort.

Lire suite de l'enquète sous format pdf en cliquant sur le lien ci-dessous :
http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1223/publi_pdf1_pop.et.soc.francais.430.pdf

Population & Sociétés n° 430, janvier 2007 – Bulletin mensuel d’information de l’Institut national d’études démographiques


Tous les numéros de Population & Sociétés sont accessibles sur le site de l’Ined : www.ined.fr


lundi 22 octobre 2007

Le malade, une source d'enrichissement pour les autres ?

 Le malade en tant que partenaire 
La relation que l'aidant essaiera d'établir avec la personne malade est celle du partenariat. Il cherchera le  juste milieu avec l'identification au malade et la trop grande distance avec lui. « S'identifier avec » signifie ici se pénétrer des sentiments de l'autre. Cette identification peut avoir de mauvaises influences sur l'aidant et l'empêcher de bien remplir son rôle en lui supprimant ces capacités empathique.

L'empathie

L'empathie est la capacité de participer à l'expérience de l'autre tout en demeurant émotionnellement indépendant ?

Cette situation vient d'une sécurité intérieure qui fait que l'aidant ne se laisse pas bouleverser par certains développements inattendus et angoissants.

La personne peut établir une relation authentique et personnelle par sa bonté, sa responsabilité, son « intérêt désintéressé ». Se sentant émotionnellement à l'aise, elle est capable de s'engager sans crainte dans un éclairage affectif profond et assuré.

Qu'est-ce qui se vit alors, entre l'aidant et l'aidé ? Il se vit de l'amitié, de l'amour gratuit, de la confiance, un certain support mutuel, celui qui donne recevant autant, sinon plus, que celui qui reçoit.

En tout cela, il s'agit de faire prendre conscience au malade qu'il a des ressources, qu'il est capable de reconnaître l'origine de ses difficultés et de les résoudre par ses propres moyens.

Par ses visites répétées, le bénévole acquiert une bonne connaissance du psychisme du malade pour deviner ses besoins conscients et inconscients, mais il sait garder ses distances pour ne pas se laisser submerger par le monde subjectif du malade.

Par sa vision plus objective, il sera à même de dire au malade, le cas échéant, que les solutions ne sont pas toujours très simples et que beaucoup de facteurs extrinsèques conditionnent sa vie.

Être partenaire du malade

Pour être partenaire du malade, il faut une solidité intérieure, une maturité psychologique. "Ma capacité de créer des relations qui facilitent la croissance de l'autre comme personne indépendante est à la mesure du développement que j'ai atteint moi-même".
(Carl Rogers)

L'esprit de partenariat se veut accompagnement et non « direction ». Nous verrons comment l'écoute active est une attitude et une technique qui permet au malade de croire en lui, et de se prendre en main pour régler ses problèmes avec son aidant.

Pourquoi éviter la sympathie ?

La sympathie, selon le Petit Robert, consiste en un « penchant instinctif qui porte deux personnes l'une vers l'autre ». Cette sympathie existe par exemple entre deux membres de la même famille, entre deux grands amis.

Une parente d'un malade disait : « // m'est difficile de l'aider ; je suis trop près de lui et je sens tout ce qu'il ressent ». Cette personne était submergée par les sentiments de celui qu'elle aimait.

Souvent le malade gardera le silence sur ce qu'il ressent, pour ne pas faire de peine à ceux qu'il aime. Il sera par contre plus ouvert et plus à l'aise pour se confier à une personne extérieure à la famille, qu'on peut appeler « aidant ». Il se sentira libre alors d'exprimer tout ce qu'il ressent parce que l'autre est partenaire dans cette relation et non un « intime ». Il s'est établi entre eux une relation empathique, faite de sentiments positifs d'accueil, de respect et même d'amitié.

L'empathie, peut-on dire, c'est comprendre le malade sans avoir pitié de lui. On peut aider le malade à supporter sa souffrance, par des attitudes d'écoute et de compréhension, sans avoir cette attitude de compassion excessive qu'indique le mot « sympathie ». La compréhension et l'aide n'impliquent pas obligatoirement la pitié.

L'aidant en tant que miroir du malade

Le miroir est ce qui réfléchit un objet ou une personne, qui capte une image et la met devant nos yeux. Le malade a besoin de se voir dans les yeux d'un autre, de voir confirmer ce qu'il soupçonne, de trouver la vérité sur son état. Il espère que l'aidant jouera ce rôle à son endroit.

Mais ce rôle est difficile. Ne sommes-nous pas influencés par nos expériences passées ? Si nous avons subi certains traitements qui nous ont traumatisés, ou si nous avons des peurs excessives, accepterons-nous facilement que le malade subisse ces mêmes traitements ? Par exemple une personne qui a un cancer et à qui on a prescrit des traitements de chimiothérapie. Ou encore si nous avons peur du sida, n'allons-nous pas projeter cette peur sur le malade ?


Voir suite de l'article sous format Word à cette adresse :

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/01/58/35/Le-malade-une-source-d-enrichissement-pour-les-autres.doc